ANALOGIE DE CE FAIT AVEC LES MIRACLES
Cette ingratitude mit le comble à leur iniquité. Le
Très-Haut aveugla ces superbes.
L’ange du Seigneur donna ses ordres à la tempête, et
le châtiment s’accomplit.
Le pieux historien de l’Amiral, don Fernando Colomb, instruit de chacune des circonstances de cet intelligent sinistre, assure qu’il est certain que son exécution fut l’œuvre de la Providence divine, parce que les rebelles, repus d’or et de crimes, une fois arrivés en Castille, au lieu du châtiment mérité, auraient, grâce à la protection de Juan de Fonseca, obtenu des faveurs *.
Cet acte de divine justice, authentiqué par des pièces officielles , des documents politiques, des témoignages d’historiographes royaux, exécuté dans la seconde année de l’ère de la Renaissance, pendant l’essor de l’imprimerie, le développement littéraire de l’Espagne, la clairvoyance du progrès et des investigations de la critique, semble venir prouver et rendre croyables aux plus obstinés incrédules les miracles de l’Ancien Testament ; démontrer indubitablement l’intervention, parfois tangible, du Souverain des cieux dans les choses de la terre; et donner crédit aux châtiments temporels des peuples, sous l’ancienne Loi, rapportés par les livres saints, constatés par les plus hautes traditions de 1 Orient, et dont 1 antiquité profane elle-même conserva la mémoire.
Ni aux temps des patriarches, ni après la sortie d’Egypte, sous les Juges, les Rois, jamais dans l’héritage de Jacob n’éclata signe plus évident que celui par lequel, en
« Yo tengo por cierto que esto fué providencia divina, porque si arribaran estos â Castilla, jamas serian castigados segun merecian sus delitos, antes bien porque eran favorecidos del obispo, huvieran recidi vos muchos favores y gracias. » — Hernando Colon, Historia ciel Almirante don Cristôbal Colon, capit. lxxxviii.