RELATIONS AVEC LES NATURELS
Il choisit entre des îles un abri sur la côte qui était bien cultivée et fournissait une telle abondance de lruits, de racines, et surtout de maïs, qu’il l’appela le port des provisions . On resta là jusqu’au 23 novembre. On repartit en continuant la reconnaissance des côtes. Sur une
terre nommée Guaigua se montrèrent plus de trois cenis indigènes, qui apportaient des jovauxd’or et des provisions pour faire des échanges. Mais l’Amiral, presse d arriver au Détroit, ne se détourna point. Pourtant, trois jours après, la force du vent l’obligea d’entrer dans le premier port qu’il trouva. C’était une anse étroite dont l’ouverture, plus étroite encore, olfrait seulement l’avantage de briser la force des lames. Les caravelles étaient si
près du bord, que d’un bond les marins pouvaient sauter à terre. Les alentours étaient plats et découverts, taute d’arbres. Les plantes aquatiques, les hauts herbages fourmillaient d’alligators exhalant une forte odeur musquée ; ils s’étendaient au soleil sur la vase. Pendant neul jours, le mauvais temps retint l’escadrille dans ce lieu que l’Amiral nomma « Le Cabinet, » El Retrete .
Les indigènes, doux et confiants, arrivèrent apportant des vivres et des ornements d’or. Ils traitèrent familiè-
rement dans les échanges que l’Amiral faisait surveiller. Malheureusement, aidés par la disposition des lieux, quelques marins, trompant la vigilance des officiers, s’échappèrent la nuit, allèrent dans les cabanes, où ils avaient été accueillis hospitalièrement le jour; et leurs entreprises galantes, et leur rapacité irritèrent les habitants. Ils vinrent attaquer les caravelles. L Amiral fit tout son possible pour éviter l’effusion du sang. On essaya en vain de les apaiser. Ils devinrent d’autant plus hardis qu’on leur montrait plus de douceur. Il voulut les intimider par un coup de canon chargé à poudre* Mais, habitués aux bruits