‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 177 sur 444 · PUERTO-BELLO · texte numérisé non relu

PUERTO-BELLO

tinua sa recherche-, car, à la rigueur, ce Détroit pouvait se rencontrer plus loin. Il suivit la côte à l’Est, et le 2 novembre, ayant passé entre deux petites îles, alla jeter l’ancre dans un port sûr et commode , entouré de terrres cultivées, animées par des habitations gracieuses et espacées, dont quelques-unes étaient peintes1. Des arbres à fruit formaient des vergers autour de ces demeures , qu’ombrageaient de magnifiques palmiers et qu’embaumaient les ananas et les vanilles. Colomb donna à ce port le nom de sa qualité, et il l’appela le Beau Port, « Puerto- Bello. )> Les Indiens des alentours apportèrent quantité de fruits et de coton ouvré-, mais, à l’exception d’un chef et de sept notables aux narines desquels appendaient de petites feuilles d’or, aucun d’eux ne possédait de ce métal. Leur parure consistait dans un barbouillage rouge; le chef s’était réservé une teinte noire. Les dons de la terre surpassaient toute description. Malheureusement des averses violentes nuisirent au charme de la perspective. La pluie retint les navires au port durant sept jours. Enfin le mercredi 9 novembre , malgré l’état du ciel, ils remirent à la voile pour continuer l’exploration de la

côte.

Ils longeaient sans le savoir l’isthme de Panama. , f

Derrière les montagnes qui bornaient leur vue s étendait l’Océan Pacifique; et, comme s’il eût entendu le murmure de la grande mer, Colomb s opiniâtrait à trouver un passage qui l’y conduisît. Luttant contre le vent, il parvint à la hauteur du cap Nom de Dieu , «. N ombre de Dios. » Mais vers ce point, la bourrasque l’assaillit de telle façon qu’il dut jeter l’ancre au plus voisin refuge.

1 Fernando Colombo, Vita delV Ammiraglio, cap. xcn.

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