‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 198 sur 444 · COLOMB LÈVE L’ANCRE · texte numérisé non relu

COLOMB LÈVE L’ANCRE

trois joyaux d’or de titre inférieur'. Le tout pouvait valoir trois cents écus d’or2, et il l’apporta à l’Amiral. Pour récompenser cette habileté d’exécution qui n’avait pas coûté une goutte de sang, Colomb, ayant prélevé les droits royaux, donna à l’Adelantado une des deux couronnes d’or, comme souvenir de son innocente victoire, et distribua le reste parmi les hommes qui l’avaient accompagné.

En ce moment survinrent des pluies abondantes, qui permirent de tirer les trois caravelles en dehors de l’embouchure. Mais la barre de sable était si élevée, qu’on ne put, malgré le faible tirant d’eau des navires, les faire passer sans les décharger entièrement. On mit tout leur contenu sur la rive. Quand ils furent en mer, on passa plusieurs jours à transporter à bord avec les embarcations le chargement, à faire l’arrimage et le lest. L’Amiral avait jeté l’ancre à une lieue de l’embouchure, attendant un vent favorable afin d’aller directement à l’Espagnole, d’ou il aurait envoyé à la petite garnison des renforts et des approvisionnements avant son dqpart pour la Castille. Pendant ce temps le Quibian, sorti des flots durant la nuit comme un alligator, s’était glisse dans les habitations écartées de sa peuplade-, il y éveillait la haine de ses guerriers contre les étrangers. Cache dans les plantes touffues, il épiait leurs mouvements et préparait secrètement sa vengeance.

1 Inventaire de la prise, dressé par le notaire royal Diego de Porras. — Relacion del oro que trajo el Adelantado de Veragua, cuando ticijo preso al Cacique é ciertas piezas de quant.

2 Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue, liv. IV, p. 244,

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