LE QUICIAN FAIT PRISONNIER
villages indiens. Les guerriers du Quibian lui barraient le chemin de sa demeure. Diego Mendez feignit de venir, en sa qualité de chirurgien, pour guérir leur chef de sa blessure, donna des présents, et on le laissa passer.
La demeure du Quibian, posée sur un plateau au bout d’une éminence, occupait le centre d’une place ornée de trois cents tètes de vaincus. Sans reculer devant ces sauvages trophées, Diego Mendez arriva près de la porte du palais. A son aspect, un groupe de femmes et d’enfants, qui étaient assis sur le seuil, rentrèrent en poussant de grands cris. Nonobstant l’arrivée soudaine d’un furieux fi, s du Quibian, entouré de guerriers, Diego Mendez trouva le moyen d’observer la place, et de se retirer sans
une égratignure.
Par suite du rapport de Diego Mendez, 1 arrestation du Quibian et de ses officiers fut résolue. L’Amiral chargea l’Adelantado de l’exécuter Don Barthélemy prit avec lui quatre-vingts hommes, qui le suivirent deux par deux a quelque distance de la demeure du Quibian , cachés dans les arbres. Puis il s’avança, seulement suivi de cinq hommes, dans la forteresse du chef, s’empara de lui, et lira un coup d’arquebuse, signal auquel accoururent les Espagnols en embuscade. Aussitôt les officiers et parents du Quibian, au nombre d’environ cinquante, muets de surprise, sont garrottés comme lui.
Les vassaux du Cacique poussaient des hurlements de
désolation; ils suppliaient l’Adelantado de lui rendre la liberté, offrant pour sa rançon un trésor qu’ils disaient enfoui dans la forêt voisine. Mais l’Adelantado ne vou u rien entendre, n’ayant pas un instant à perdre, pour éviter que le rassemblement de la tribu entière amenât une collision sanglante. U ht transporter les captifs sur les
embarcations.
LE QUIBIAN S'ÉCHAPPE.
Le Quibian fut confié a la garde personnelle du premier lieutenant ou pilote général de l’escadrille, Juan Sanchez, taillé en Hercule. Aux recommandations expresses de 1 Adelantado, il répliqua d’un air fanfaron qu’il répondait de son prisonnier; et permettait, s’il s’échappait, qu’on lui arrachât la barbe poil à poil. Là-dessus il emporta le Quibian dûment garrotté, le coucha au fond du canot, l’assujettit fortement à un banc, et l’on descendit le fleuve, car la nuit arrivait. Le Quibian poussait des plaintes au sujet ie ses liens, qu’il disait trop serrés. Sous sa rude écorce, luan Sanchez n’était point dépourvu d’humanité. Comme f était en mer à une demi-lieue de l’embouchure de eien, où étaient ancrées les caravelles, il desserra ses iens, détacha la corde qui le fixait au banc des rameurs e contentant de la tenir lui-même dans sa main. Le Quinan suivait attentivement les mouvements du pilote. Saiissant un instant où celui-ci regardait d’un autre côté Indien s'élança d'un bond dans les flots, ,„m,m ^
n bloc au fond de la- mer et disparut. La secousse du hoc avait renversé Juan Sanchez, qui avait lâché la corde ivolontairement. Le Quibian, habitué à plonger sous les agues, nagea entre deux eaux, et s’échappa sans que ersonne pût voir dans l’obscurité ce qu’il était devenu, et incident lit redoubler de surveillance sur les autres nsonniers que 1 on amena aux caravelles.
Apres avoir ordonné l’embarquement du Quibian et ;s siens, Y Adelantado avait poursuivi l’armée indienneaïs elle s’était dispersée dans des fourrés inabordables.’ se borna donc à exercer ses droits de conquête sur demeure du Quibian. L’or n’abondait guère chez ce issesseur des plus riches mines alors connues. 11 n’v )uva que six grands miroirs en or pur, deux couronnes or pur et plusieurs petites plaques d’or massif, et vingt-