ATTAQUE DU CAMP ESPAGNOL
allait remonter jusqu’à l’endroit où l’eau douce ne serait plus mélangée d’eau de mer, les vingt hommes restés avec l’Adelantado se trouvaient épars, les uns sur le bord du ileuve, les autres avec Diego Mendez au milieu des baraques.
Le Quibian, profitant de la diminution momentanée de la garnison, fit entourer par les Indiens le campement des Espagnols. « Ils étaient plus de quatre cents, armés de leurs flèches et de leurs massues. » Tout à coup ils poussèrent un grand cri , puis un second , bientôt suivi d un troisième. Ces cris heureusement donnèrent aux Castillans le temps de prendre leurs armes. L’attaque commença par une nuée de flèches et de dards. Au premier instant, cinq ou six Espagnols tombèrent blessés près des baraques; et le contre-maître du Galicien , Alonzo Ramon, resta sur la place. Enhardis par ce succès, les plus braves Indiens, dédaignant les javelots, fondirent avec leurs massues sur la poignée d’étrangers dont ils ignoraient encore la valeur. « Mais aucun de ceux-là ne retournait, dit un acteur principal de cette journée, parce qu’avec nos épées nous leur coupions bras et jambes, et les tuions sur place1. » Dix-neuf guerriers tombèrent ainsi au milieu des Espagnols. Cette perte jeta l’épouvante parmi cette troupe, que l’Adelantado, armé d’une lance, poursuivait avec dédain, quoique blessé d’un javelot dont il ne tint pas compte. Elle lit sa retraite dans les bois, d’où elle lançait impunément ses flèches. Les matelots Barthélemi Garcia, Julien Martin, Juan Rodriguez, les novices Donis, Barthélemi Ramirez, Alonzo de la Calle, Juan Badronji, se
1 Diego Mendez. — « Pero ninguno dellos volvian porque quedaban alH cortados brazos y piernas y mueitos â espada. » — Relation hecha p0r Diego Mendez de algunos acontecimientos del ültimo Viage del
almirante don Cristôbal Colon .