‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 268 sur 444 · I^AMIRAL QUITTE LA BAIE DE SANTA-GLORIA · texte numérisé non relu

I^AMIRAL QUITTE LA BAIE DE SANTA-GLORIA

et confia aussi à Salcedo la conduite de ce bâtiment. Dès que les deux caravelles eurent quitté le port de Saint- Domingue, Diego Mendez, qui avait simultanément frété un autre navire, s’embarqua pour la Castille avec Barthélemy Fieschi, et s’en alla rendre compte aux Rois de cette expédition maritime.

Colomb, ayant remercié Dieu de sa miséricorde, monta sur la caravelle nolisée à ses frais, avec ses officiers et ceux qui lui furent fidèles. Les autres prirent place sur la caravelle expédiée par le gouverneur. Le 28 juin, les navires quittèrent la baie de Santa-Gloria , où tant de dangers et de secours mystérieux, tant de souffrances et de consolations invisibles avaient tour à tour accablé et relevé le cœur le plus vaste du monde.

La lutte qu’avait soutenue l’Amiral contre les flots dans tout le cours de ce voyage, depuis l’heure solennelle où il avait prophétisé la tempête, recommença dès qu’il fut sorti de la baie. La double violence des vents et des courants le retint plus d’un mois dans cette traversée. Chose à noter, avec ses voiles et ses marins exercés , il lui fallut une manœuvre continuée pendant plus d’un mois pour franchir l’espace que, par la miséricorde divine, son envoyé Diego Mendez avait sillonné en quatre jours, à la rame et en canots !

Malgré les perfectionnements nautiques de notre époque, l’étude hydrographique de ces parages, aidés d’une expérience séculaire, il n’est pas aujourd’hui un officier de marine, midshipman ou amiral, qui, au prix d’un royaume , voulût tenter le passage de la Jamaïque à Haïti, dans les seules conditions qui s’offraient à Diego Mendez. On ne saurait en disconvenir, durant cette quatrième expédition, le prodigieux se fait sentir incessamment. On comprend combien Colomb avait raison de

Page 1