‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 372 sur 444 · DU JUGEMENT A PORTER SUR COLOMB · texte numérisé non relu

DU JUGEMENT A PORTER SUR COLOMB

En effet, depuis plus de dix siècles, la colossale effigie exprimait en relief l’acte de piété qui devait mettre, un jour, l’ancien monde en possession du nouveau.

11 est à remarquer aussi que depuis la Découverte, les statues de saint Christophe sont moins colossales et ses chapelles moins nombreuses qu’avant cette époque. On conserve celles qui existaient-, on en érige rarement de nouvelles sous son vocable. Maintenant la gigantesque effigie a reçu son explication. Désormais on peut rendre au martyr syrien saint Christophe la palme de son triomphe, la couronne de sa victoire. 11 nous reste seulement a vénérer en lui le martyr de Jésus-Christ, et probablement 1 auteur ou l’occasion de cette prophétie mystérieuse que Colomb le Révélateur du Globe fut chargé d’accomplir.

§ ix.

On ne saurait juger Christophe Colomb comme on jugerait l’empereur Henri III, Louis XIV, Cromwell ou le grand Frédéric.

Cet homme n’est pas explicable complètement par les faits d’observation, puisque des événements extraordinaires, un concours de coïncidences merveilleuses entrent dans ses entreprises de navigateur, dans les actes de son administration, et que sa nature d’esprit, son

tant le petit Jésus. M. Ferdinand Denis pense que Juan de la Cosa s’est efforcé dans cette effigie de reproduire les traits même de Christophe Colomb. Nous sommes tout à fait de son avis, et sans doute, l’éditeur d’Herrera le partageait d’avance, car dans sa publication de 1028, le portrait gravé par Bouttats paraît n’ètre que le grossissement de la petite miniature du saint Christophe placé en tête de la carte de Juan de la Cosa.

caractère religieux le font plutôt participer du ciel que de la terre.

Le contemplateur du Verbe, hérault de la Croix, libérateur en espérance du Saint-Sépulcre, porte dans toutes ses habitudes la marque de son apostolat.

L’Ambassadeur de Dieu aux nations inconnues se distingue, entre tous les hommes, par le caractère de son rôle auguste.

Quelque chose de mystérieux et de sublime se môle à sa vie. Le drame et la poésie entrent dans son existence. Tout ce qui touche à cet homme s’ennoblit ou s’anoblit. Par leur persistance et leur excès ses tribulations même sont du domaine de l’épopée autant que de l’histoire. Ses iouleurs s’immortalisent. Des misérables, des ingrats et ïes envieux, que leur médiocrité destinait à l’oubli, appartiennent à Lhistoire, par cela qu’ils se sont attaqués au lérault de la Croix. Leur nom subsiste pour un éternel opprobre.

Mais aussi ceux qui servirent loyalement ce bon maître gagnèrent à son contact l’immortalité. Leur nom ne peut dre effacé du monde. Tout ce qui est de lui ou à lui s’éève en gloire et en utilité. Si bien que les titres de îoblesse accordés à ses frères ne peuvent les grandir, œlui de frères de Colomb l’emporte encore sur leurs Letres-Patentes. Son fidèle écuyer Diego Mendez obtient les armoiries , le titre de chevalier et l’admiration de out cœur généreux. Son fidèle maître d’hôtel, Pierre de œrreros, blessé à mort pour le défendre, en avait reçu L’avance Fimmortalité. Colomb lui avait réservé l’honneur e poser le premier le pied sur le Nouveau Continent. Son uterprète indien, pauvre idolâtre baptisé, le Lucayen )iego, épouse la sœur du plus noble souverain d’Haïti. Son iterprète espagnol , Cristobal Rodriguez a La Lengua, »

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