SIMILITUDES
cisme. Ce respect de sa foi, cette orthodoxie de langage dit beaucoup mieux que tout commentaire, à quel point îe disciple de l’Évangile avait profondément pénétré le sens des choses divines, et combien était permanent en lui le sentiment de sa mission.
Et par cela que sa mission était providentielle, Dieu sembla marquer Colomb dès sa naissance, à l’instar de ces Héros qu’il avait appelés par leur nom.
Jamais ce disciple de la Croix ne se compara aux grands génies ou aux grands citoyens de la Grèce et de Rome, aux célébrités de l’antiquité profane. S’il assimile sa destinée à quelque autre, c’est aux grands hommes de l’Ancien et du Nouveau Testament que, dans sa modestie, if semble faire allusion. Une fois il paraît appuyer la fermeté de sa foi, la hardiesse de son entreprise par l’exemple de saint Pierre. Deux fois il compare les grâces dont Sa Haute Majesté l’a comblé aux faveurs que reçurent Moïse et David. Mais c’est plus particulièrement à la mission du législateur des Hébreux qu’assimilait la sienne le Messager du Salut.
Etait-il fondé à ce rapprochement très-respectueux et assurément, dans sa pensée, très-éloigné de toute vanité personnelle ? Le manque d’espace nous interdit d’examiner cette question. On voit simplement quelques traits extérieurs de similitude entre Colomb et le chef de l’Apostolat. En des langues différentes l’un et l’autre avaient reçu le même nom de famille. Saint Pierre était fils de la Colombe, et Christophe de Colombo. L’un et l’autre avaient d’abord vécu du produit de la mer. Le premier reçut du Christ un nom qui signifiait qu'il porterait l'Eglise ; le second reçut de l’Église un nom signifiant qu’il
porterait le Christ. Saint Pierre représentait la fixité de la base, l’immutabilité du fondement; Christophe Colomb