‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 405 sur 444 · FONSECA PATRIARCHE DES INDES · texte numérisé non relu

FONSECA PATRIARCHE DES INDES

rine, se trouva le plus accrédité des courtisans de Fonseca, et, grâce à lui, conserva jusqu’à sa fin prématurée son poste lucratif.

Malgré la promesse faite par Ferdinand, au lit de mort de la Reine, de punir exemplairement Ovando, le meurtrier des Indiens, on vit l’assassin juridique d’Anacoana, rester pourvu du gouvernement des Indes. Des envois considérables de numéraire lui avaient acquis les bonnes grâces du Roi. Il serait resté de fait gouverneur perpétuel d’Hispaniola, si, comptant un peu trop sur son crédit, il n’eût osé se mettre en lutte avec don Juan de Fonseca. Sa destitution suivit de près le mécontentement de l’Évêque Ordonnateur général. Néanmoins, protégé par Ferdinand, non-seulement Ovando ne subit aucun châtiment, mais il rentra honorablement en Espagne, ayant le commandement de la flotte qui le ramenait. Il jouit du fruit de ses exactions, des propriétés et des esclaves qu’il s’était attribués1; rendit ses comptes, sans vérification sérieuse, et obtint du Roi une décision qui le délivra des réclamations de ses nombreux créanciers.

Quant à don Juan de Fonseca, tout en restant l’arbitre suprême des affaires coloniales , il était monté d’évêché en évêché jusqu’à l’archiépiscopat de Rosano. Cette haute dignité, que relevait encore son titre de Grand Aumônier, ne suffisait pas à son ambition. Il rêvait la pourpre; et, croyant l’atteindre un jour, il imagina de faire créer le patriarchat des Indes, dont il se flattait d’être investi. Et conformément à ses désirs, le Roi Ferdinand chargeait, le 26 juillet 1513, M. de Vich, son ambassadeur auprès du Saint-Siège, d’obtenir pour l’archevêque de Rosano le

1 Don Diego Colomb reçut ordre de veiller à ses intérêts avec la plus grande attention. — Herrera, Historia general de las Indias occiden s taies . Decada i, lib. VIII, cap. vi.

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