‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 406 sur 444 · FONSECA PATRIARCHE DES INDES · texte numérisé non relu

FONSECA PATRIARCHE DES INDES

patriarchat des Indes. Le Roi vantait le désintéressement de Fonseca et son zèle du service divin, ses constants efforts dirigés vers la conversion des Indes1.

Cependant, pour être parvenu si haut, pour se trouver solidement ancre dans la faveur du monarque, cumuler les titres, les traitements, les dignités, les revenus tant en Castille que dans les colonies, en vérité don Juan de Fonseca n’était pas heureux. Ses richesses, inutilement entassées, ne lui donnaient aucun plaisir. Il vieillissait sans oser s’alléger de ses travaux, de peur de voir décroître son influence avec son utilité. Son instinct jaloux épiait autour de lui le talent comme un adversaire, devinait sûrement le mérite, élaguait soigneusement de l’administration tout ce qui lui semblait suspect de capacité spéciale, coupable d’aptitude ou qui laissait entrevoir quelque espérance d avenir. Vainement avait-il persécuté Colomb, ses freres, ses enfants, ses ofliciers fidèles, ensuite Fernand Cortez, Las Casas, quiconque l’offusquait par le génie ou la vertu, son ambition n’était point satisfaite-, car malgré l’appui constant du Roi et d’ardentes sollicitations la pourpre romaine se refusait à ses désirs. L’expérience désormais éloignait de lui toute illusion. Il savait la valeur des hommages de ses courtisans, et ne pouvait douter de la mésestime qu’il inspirait aux évêques, à partir du primat de Tolède, l’illustre cardinal Ximenès Cisneros.

Après avoir assouvi quelques haines, amassé de grands biens dont se réjouiraient ses neveux, il se trouvait condamné au travail forcé, abandonné à la sécheresse du

1 « Es causa muy principal de muchos bienes que en las dichas Indias han sucedido y suceden y siempre continua sus trabajos para en lo porvenir con mucho zelo que las animas de todas aquellas gentes se convertian â Nuestro Seîior, etc... » — Coleccion dipLomâtica> docum. n° CLxxiv»

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