DÉPART DES REBELLES POUR L’ESPAGNE
solde royale, ou bien de recevoir une patente d’habitant, ce qui impliquait la concession gratuite d’un terrain, d’un emplacement pour y bâtir, et le prêt d’un certain nombre d’indigènes pour exécuter les travaux. Cette mesure était un large élément de prospérité pour la colonie. Mais en ce moment les rebelles paraissaient impatients du départ , ils se mirent en route pour Xaragua. Cette stipulation de départ força d’ajourner l’expédition de l’Adelantado, qui devait poursuivre la découverte de Paria, et assurer la traite des perles. Ce fut une contrariété profonde pour l’Amiral. Il ne lui restait que trois navires en état d’aller en Castille ; c’étaient ceux-là même qu’il destinait à continuer ses découvertes. Les munitions de bouche suffisaient à peine pour le passage des insubordonnés en Espagne, à plus forte raison ne pouvait-on songer à poursuivre l’exploration de la côte ferme du nouveau continent.
Cependant l’Amiral trouvait au départ de ces factieux une grande compensation à son déplaisir. Il allait enfin pouvoir s’occuper de la colonie, y établir l’ordre, la perception des tributs, étendre la culture des terres, l’élève des troupeaux, organiser l’exploitation des mines, améliorer le séjour et la condition des Espagnols dans l’ile. Sans prendre le temps de se reposer une heure, il chargea son plus jeune frère, le modeste et pieux don Diégo, du gouvernement de Saint-Domingue, et partit accompagné de Barthélemy pour visiter l’intérieur d’Hispaniola.
Lorsque les caravelles furent sur le point de lever l’ancre, l’Amiral écrivit aux Bois, invoquant leur justice-, leur exposant dans quelle extrémité, afin d’assurer la paix, il avait signé ces accords avec des insurgés qu’il ne pouvait combattre. Il les priait, au nom de leur autorité suprême, de ne pas reconnaître des engagements pris contre son gré sous la pression de la révolte, et véritablo-