CONVENTION AVEC LES REBELLES
sisteraient dans leur révolte seraient livrés à la rigueur des lois. Puis il envoya vers les rebelles le brave Carvajal, accompagné du majordome Diego de Salamanca, porteur du pouvoir de traiter et de l’ampliation de l’amnistie. Mais en arrivant à la Conception, Carvajal la trouva cernee par les troupes de Roldan qui en faisaient le siège ; ne pouvant l’enlever d’assaut, ces brigands essayaient de la prendre par la famine et de couper l’eau qui alimentait la place \ L’amnistie, affichée aux portes de la citadelle, servit de risée et de texte à quolibets parmi les rebelles2. Toutefois, après maints pourparlers, le 17 novembre, une convention entre les chefs des bandes et Carvajal, assisté de Diego de Salamanca, fut rédigée pour être soumise à la ratification de l’Amiral.
Il était stipulé que : 1° Roldan et ses partisans s’embarqueraient pour l’Espagne, au port de Xaragua, sur deux navires qui devraient être approvisionnés et prêts dans le délai de cinquante jours. 2° Il leur serait délivré un certificat attestant qu’ils avaient bien servi, et un mandat pour toucher l’arriéré de la solde. 3° Qu’on leur restituerait certaines propriétés mises sous le séquestre, entre autres à Roldan un troupeau de trois cent cinquante têtes de porcs, etc. 4° Qu’on leur accorderait à chacun, pour les servir, quelques Indiens, qu’ils pourraient conduire en Castille, si ceux-ci consentaient à les suivre, avec faculté d’emmener de préférence les femmes indiennes qu’ils avaient rendues mères ou qui l’allaient devenir.
Le 21 novembre, l’Amiral, en signant cette convention, y ajouta une nouvelle grâce pour les partisans de Roldan, celle de demeurer dans 1 île s’ils le voulaient, à la
1 Fernando Colomb, Histoire de l’Amiral, chap. lxxxix.
2 « De que los rebeldeshicieron grande mofa. » — Munoz, Historia del Nuevo Mundo, lib. VI, § 46.