CHAPITRE V
Li s mécontents ne veulent plus s’embarquer. — Roldan ne pouvant gonverner les rebelles avoue à Carvajal qu il veut se rapprocher du Vice-Roi. Il propose un traité exorbitant que l’Amiral signe par nécessité. — Ojéda, conduisant quatre caravelles, débarque sur la côte sud-ouest de l’île et vient insurger de nouveau les rebelles assoupis. — Révolte simultanée des indigènes. — Abandon où est laissé l’Amiral. — Il songe a fuir sur mer la rage de ses ennemis. — Assistance miraculeuse qu’il reçoit le jour de Noël, au moment le plus critique. — Découverte de nouvelles mines; départ d’Ojéda; soumission des indigènes; obéissance sincère de Roldan. — Complot des anciens complices de holdan contre sa vio. Arrestation, jugement et exécution des coupables. — Réformes administratives, sécurité et amélioration entière de la colonie; commencements de prospérité à Hispaniola.
Pendant que l’Amiral croyait les rebelles partis pour l’Espagne, ceux-ci avaient jugé à propos de ne plus s’embarquer. La vie qu’ils menaient dans 1 État de Xaragua les retenait par ses attaches. Sous le prétexte que les navires n'étaient pas arrivés dans le délai fixé de cinquante jours ; qu’ils étaient mal équipés, et plus mal approvisionnés encore, les factieux refusèrent de partir. Le fait est que les caravelles n’arrivèrent qu’au commencement d’avril à Xaragua. Mais elles avaient éprouvé des gros temps et reçu des avaries qui les avaient contraintes à se réparer. Une lettre de l’Amiral, expliquant aux chefs des bandes ce retard pour cause de force majeure, ne fut qu’un nouveau sujet d’outrages et de moqueries. Carvajal, reconnaissant qu’il serait inutile de discuter avec ces