‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 63 sur 444 · RÉTABLISSEMENT DE LA BONNE HARMONIE · texte numérisé non relu

RÉTABLISSEMENT DE LA BONNE HARMONIE

Mogica eut lieu sur les remparts de la citadelle. A l’aspect du supplice, le rodomont hidalgo, saisi de frayeur, espérant peut-être que ses anciens amis viendraient le délivrer, repoussait son confesseur, afin de gagner du temps et de reculer le moment terrible. Roldan, indigné de sa lâcheté, commanda de le jeter par-dessus les remparts dans le fossé1. Quant à Guevarra, le Grand Juge le tint en prison jusqu’au 13 juin ; et à cette époque le remit entre les mains de Gonsalve le Blanc avec charge de le conduire à l’Amiral, qui se trouvait encore à la Conception.

Les contumaces, condamnés régulièrement, étaient aux abois. L’Adelantado d’un côté, le Grand Juge de l’autre, les poursuivaient à outrance, et mettaient à exécution l’arrêt criminel partout où ils les surprenaient. Pour cela ils emmenaient un prêtre, afin que ces misérables pussent au moins se confesser et obtenir l’absolution.

La promptitude du châtiment, l’inflexibilité du Grand Juge, sa déférence empressée aux moindres désirs du Vice- Roi, intimidèrent les rebelles; ils prirent la fuite. Les hommes bien intentionnés se sentirent rassurés; et les indigènes rentrèrent tous sous l’obéissance de la Castille, ils recommencèrent à payer les tributs. Les colons paisibles purent entreprendre les grands travaux de culture auxquels les encourageait l’Amiral. On multipliait les plantations; les troupeaux s’accroissaient. La tranquillité régnait dans toute File ; et un seul Espagnol pouvait avec sécurité la traverser, même sans armes. Déjà un

1 Profitant de l’erreur d’Herrera, une certaine École a complètement dénaturé ces faits, en les attribuant à Colomb, alors absent ; et qui 11e les connut que pour les déplorer. Nous avons dû les rapporter ici, suivant la vérité, et non d’après une version contre laquelle protestaient d’avance les propres témoignages de Christophe Colomb et de son fils don Fernando.

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