‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 10 sur 316 · PROGRÈS MARITIME DU PORTUGAL · texte numérisé non relu

PROGRÈS MARITIME DU PORTUGAL

deniers, des expéditions de découvertes. Le Grand Maître de 1 Ordre du Christ avait pris pour devise ces paroles fiançaises : « talent de bien faire, » qu’on vit depuis lors si souvent gravées dans tous les pays nouvellement découverts sous ses auspices ‘ .

Dans l’année 1419, deux fois don Henrique envoya des vaisseaux reconnaître et dépasser le cap Non, que nul navigateur n’avait osé franchir, et que l’on réputait la borne avancée des terres inhabitables. Le cap Non! cette désignation désolante indiquait assez qu’on ne le doublait pas. Derrière ses écueils éternellement blanchis du brisement des lames s'étendait l’inconnu entouré d’épouvante. L’année suivante, le prince en^^oya Joam Gonzalez, Zarco et Nuno Tristan Vaz explorer la côte africaine, au delà du cap Non. Mais, chassés par la tempête, ils se trouvèrent poussés vers le couchant sur une île inconnue, qu’ils appelèrent Porto-Santo. Une autre île. Madère, fut bientôt découverte. Trois ans après, un cap formidable, vaguement soupçonné par les navigateurs, le cap Bojador” fut aperçu et doublé dans les mois suivants. D’année en année

les Portugais s’avancaient sur la côte occidentale de l’Afrique.

L’accueil que réservait le prince à tout homme habile dans la navigation, attirait à Sagres des pilotes distingués de différents pays. Le Vénitien Louis de Cadamosto, le Génois Antoine de Noie, entrèrent à son service. Alors les hardis capitaines Gonzalo de Cintra, Fernandez Dionisio, rivalisèrent de zèle. Bientôt le cap Vert fut signalé, et l’année suivante, Louis de Cadamosto et Antoine de Noie reconnurent les îles auxquelles ils donnèrent le nom gracieux de cap Vert, qu elles portent si mal, comme l’a re—

‘ Lafileau, Histoires des Découvertes et Conquêtes des Portugais dans le Nouveau Monde, liv. \, chap, v et vi.

sous l'infant don IIFNIUOUF. 85

marqué le premier Clirisioplie Colomb. De là, ils s’avancèrent jusqu’au cap llouge.

Toutefois, la découverte de nouvelles terres, r(‘xt(‘nsion du Portugal, ne formaient point runi(pie objet de la persévérance du prince. Le Grand Maître de l’Ordre du Clirist portait un zèle sincère à la propagation de l’Evangile. Dès 14io, il avait envoyé à la rivière d’or, Riod’Oro^ fonder un étal)lissement sous la protection d’une forteresse, aün de comiiiuni(|uer par là avec l’intérieur du pays et de travailler à la conversion des indigènes I.’infant don îlenrique expédia vers le Souverain Pontife, le Pape Martin V, le noble Fernand Lopez d’Azevedo, chevalier de son Ordre, pour exposer au Vicaire de Jésus- Christ le but des elTorts de son maître, et appeler sur lui les bénédictions de l’Église. D’Azevedo représenta à Sa Sainteté « que le principal motif proposé dans ses travaux était la gloire de Dieu, la dilatation de la foi »

Naturellement, le Saint-Siège encourageait ces découvertes, dont le double but était à la fois la connaissance de la terre et la pro])agation du cbristianisme. Pour donner au prosélytisme du prince un gage de sa bienveillance, le Saint-Père attribua un droit de primauté à la couronne de Portugal sur toutes les contrées barbares qu’elle découvrirait, depuis le cap Dojador jus(]u’aux Indes Orientales. Et en même temps (pi’il menaçait des loudres de l’Eglise quiconque oserait enlraver ces expéditions bienfaisantes, le Souverain Ponlife accordait l’indulgence plénière à tous ceux qui, en laisant partie, péri-

(( 0 Infante como scu principal inlento cm (lesciil)rir estas terras cra attrahir as barbaras naeôs ao jugo de Cbristo, etc... » — .luâo de Barres, Da Asm, decada 1, liv. I, ch. vu, p. 57.

^ Laüteau, IJistolre des Découvertes et Conquêtes des Portugais dans le ISO uv eau Monde, bv. l, ch. i, p. 15.

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