‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 11 sur 316 · PROGRÈS MARITIME DU PORTUGAL · texte numérisé non relu

PROGRÈS MARITIME DU PORTUGAL

raient dans l’accomplissement du devoir. Si la capitale du monde chrétien applaudissait à ces efforts, les villes maritimes de l’Italie , les républiques du littoral s’en préoccupaient aussi d’une autre façon, au point de vue de leurs intérêts menacés. Le bruit courait parmi les gens de mer que l’Infant don Henrique méditait d’exécuter, avec ses caravelles, le tour entier de l’Afrique jusqu’à la mer Rouge et au golfe Persique- d’où il suivrait que les Génois, et plus particulièrement les Vénitiens, qui avaient le monopole du transport et du transit des produits de l’Orient, verraient périr leur industrie lucrative. Les pilotes de la Ligurie et de l’Adriatique, établis à Lisbonne , ne manquaient pas de transmettre à leur famille les nouvelles d’Afrique, colportées sur les quais du Tage.

La mort du prince Henrique ralentit l’impulsion que son génie donnait aux découvertes. Cependant Lisbonne était encore la ville des progrès maritimes. C’étaient là que se trouvaient les plus habiles constructeurs de navires, que se vendaient les meilleures planisphères, les ouvrages d’astronomie , que se confectionnaient les mappemondes, les cartes marines les plus exactes et qu’abondaient les pilotes capables. Le nom de Pilote désignait alors tout officier de mer qui ne commandait pas en chef un navire ; on l’appliquait même aux capitaines en second dans la marine militaire. Les lieutenants de vaisseau étaient tous appelés Pilotes. Un assez grand nombre de marins, qu’avait attirés à Lisbonne la munificence du prince mathématicien, y continuaient leur résidence, malgré la perte de leur royal protecteur.

Il n’est donc point surprenant que le pilote Barthélemy Colomb, frère puîné de Christophe, s’y fut établi, quoique tardivement, afin d’utiliser ses talents de géographe, dont on ne peut nier la supériorité. Son neveu, don Fernando

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