CHAPITRE IX
L’Amiral lonjje la côte (l’IIispaniola. — Attaque perfide des insulaires contre les Espagnols. — L’Amiral retourne en Europe. — Navigation difficile, dangers et vœux de l’équipage durant la tempête. — On atteint les Açores. — Le gouverneur portugais veut s’emparer de Colomb et lui enlève traîtreuscineni la moitié de son équipage. — Colomb recouvre ses hommes et continue sa route. — Nouvelle tempête. — Abordage forcé en Portugal.
Le Vendredi 11 janvier, TAmiral mit donc à la voile. Chemin faisant, il donnait leur nom au cap Beaupré , à la montagne d’Argent, au cap de TAnge, à la pointe de Fer, au cap Bond, au cap Français et au cap du Beau-Temps. Tout en continuant à ranger les côtes de File Espagnole, il s’étonnait de son étendue.
Désirant se procurer des vivres frais, Colomb envoya à terre une embarcation, qui rencontra des hommes armés de flèches, avec lesquels on se mit en rapport. Les marins décidèrent l’un de ces guerriers à les suivre sur la caravelle. C’était un hardi compagnon, complètement nu, le visage fièrement barbouillé de noir. A ses longs cheveux, attachés derrière la tête, s’entremêlaient des plumes d’oiseaux. D’après sa contenance guerrière, le ton résolu de sa voix, et à ses traits hideux, l’Amiral le prit pour un de ces Caraïbes mangeurs d’hommes dont il avait ouï parler. Il lui demanda s’il était de Caniha; le guerrier répondit que non, et indiqua le pays de cette race, en montrant le