‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 181 sur 316 · COLOMB SE REND A SÉVILLE · texte numérisé non relu

COLOMB SE REND A SÉVILLE

déliée. Il devait aller à Notre-Dame-de-la-Ceintiire , dans la môme province d’Iluelva. On sait qu’il s’y rendit hum- Llement, pieds nus et en chemise, suivant la teneur du vœu.

Après s’ètre acquitté, autant qu’il était en lui, des engagements accumulés par le sort sur sa tôte, Colomb revint au couvent de son ordre, retrouver son ami, son guide spirituel, le Père Juan Perez de Marchena. Pendant plus de sept mois, il avait été sevré des aliments sacrés de la foi, privé du pain des forts. Il sentait le besoin de raviver son âme, de se rafraîchir par le calme bienfaisant de laPiègle, de goiiter le repos réparateur du cloître. Dans le sein de son ami, furent déposés des secrets que nul n’a connus. Ce qu’il avait enduré des hommes , ce qu’il avait reçu de Dieu, ses conjectures particulières, qu’il ne confia point au papier, ses doutes cosmograpbiques , les aperçus indéfinis, ébauches de sa pensée, les hardis corollaires de son intuition, tout fut versé dans ce vaste cœur que recouvrait la bure de saint François. Combien l’épanchement de ces deux âmes si ardemment éprises du beau et de l’impérissable, combien la libre communication de ces.deux esprits se réfléchissant l’un l’autre, simples dans leur foi, sublimes dans leur intuition, devaient être féconds en aperceptions supérieures et en aspirations vers ce Verbe divin, notre Rédempteur, de qui dérive tout amour et toute charité parmi nous !

L’Amiral ne put guère passer que sept jours à la Rabida.

[l devait se rendre à Séville, pour y attendre les ordres les Rois, et arriva dans cette cité peu avant la dépêche de la cour, datée du 30 mars, qui lui était adressée avec cette mscription significative : (( A don Christophe Colomb, VOTRE Amiral de la mer Ogéane, Vice-Roi et Gouverneur

)ES ÎLES DÉCOUVERTES DANS LES InDES. ))

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