LE COUVENT DE SAINTE-CLAIRE
liait le cordon de Saint-François, qu’il portait sous ses habits. Là fut célébrée une messe solennelle d’actions de grâces. Puis, quand arriva le soir, il entra seul dans la chapelle dont les portes se refermèrent sur lui. Il devait y passer toute la nuit en prières. Les vacillantes lueurs de la lampe du sanctuaire se reflétaient sur les cadres des tableaux, les bas-reliefs du chœur et dessinaien tconfusément les guerrières effigies des comtes de Puerto-Carrero, anciens seigneurs du lieu, preux chevaliers de la Croix qui s’illustrèrent* contre les Maures. Avec une héréditaire fidélité leur lignée avait pendant des siècles de vaillance combattu le croissant. Le sang des Puerto-Carrero est allié, comme on sait, aux aïeux de la comtesse de Téba, rimpératrice Eugénie. Les comtes de Puerto-Carrero dormaient leur sommeil dans cette église dont ils étaient les bienfaiteurs. Les statues d’albâtre, de leurs femmes et de leurs filles, alignées le long des murs, marquaient la place de leurs sépulcres. Les douteuses clartés du luminaire dans leurs vacillations semblaient par l’agrandissement des ombres imprimer un mouvement fantastique à l’immobile blancheur de ces tombes. Une âme moins fortement trempée que celle de Colomb n’eùt pu prier dans la plénitude du calme. Ce fut entre ces funèbres images du néant et des pompes humaines que le messager du Très- Haut, prosterné devant le tabernacle, en présence du Christ vivant dans la sainte Eucharistie, scruta de nouveau son cœur. Le lendemain, après avoir satisfait au devoir, il vit ses anciens amis, l’abbé Sanchez et Cabezudo, qu’il invita à venir le trouver à Palos , et auxquels il montra les Indiens et l’or du^Nouveau Monde L
L’obligation de Colomb n’était pas encore entièrement
^ Pleyto, Probanzas del A Imirante, Prim. pregunta, — Supplemento primero à la Goleccion djplornatica.
ir' • .’' ■ ^.••-ir'“- .'