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LE PAPE ACCORDE LE PRIVILÈGE

Rome'. Car il ne s’agit point d’un intérêt international, d’une affaire à régler pour la Castille; mais des intérêts vitaux du Catliolicisnie, de la conquête des âmes, de 1 extension de la science et du royaume de Jésus-Christ.

Comme la demande de la Castille est juste, le Souverain Pontife, avec le consentement du Sacré Collège qui l’entoure, accorde le privilège, par sa bulle du 3 mai 149/i.

Le principe posé, il s’agit d’en regler 1 application; de fixer des limites aux expéditions des Castillans ; de partagev entre eux et les Portugais les parties inconnues du Globe sur lesquelles ces deux puissances feront porter l’Évangile et la civilisation.

C’est ici qu’apparaît visiblement la participation de l’Église à la Découverte, et que montre ses effets, la bénédiction intime du pape Innocent VllI sur l’entreprise de son compatriote. Tel qu’il est, son successeur vientd’accepter comme une des obligations pontificales le patronage de la Papauté dans l’invention du Nouveau Monde. Il a foi en Colomb ; lui donne pleine créance en des choses inouïes ; le dispense de toute preuve; j ustifie ses calculs mvénbables. C’est uniquement sur Colomb que se fonde, c est d après Colomb que s’engage le Souverain Pontife dans le colossal partage du Monde inexploré entre les deux couronnes d’Espagne et de Portugal. Tout ce que le Messager du Salut a proposé est accordé de point en point, comme chose indiquée par la Providence. Le chef de l’Église impose les gigantesques proportions de l’opération géométrique tracée par Colomb. Le Saint-Siège prend sous sa responsabdite l’exactitude de cet arpentage de l’inconnu et de l’incommensurable. Pour assigner aux Portugais et aux Espagnols la limite qui les maintiendrait respectivement dans

1 Herrera. IJist. génér

des Indes occld» Décade I, liv. n, cli. iv.

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