‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 199 sur 316 · LA BULLE DE DONATION · texte numérisé non relu

LA BULLE DE DONATION

savant universel, ce sont ces deux Bulles « littéralement les mêmes dans la première moitié » rendues « dans l’intervalle de vingt-quatre heures ^ »

Sa surprise montre combien l’illustre protestant, est etranger au caractère de Colomb. C’est précisément cette distinction de deux Bulles, quand une seule aurait suffi, qui prouve l’estime de la Papauté pour le Bévélateur du Globe, et quelle importance elle attachait à son œuvre. Dans la première Bulle, celle du 3 mai, qui est dite Bulle de Concession, le Saint-Siege accorde à l’Espagne les terres découvertes avec les mêmes privilèges et droits que les Papes ont accordé, en 1438 et 1439, aux rois de Portugal, Ceci est la donation faite à l’Espagne sur la demande de ses souverains. Mais le lendemain, 4 mai, en procédant à la séparation de ces deux héritages, pour marque d’honneur, afin de mieux solenniser cette opération unique, sans précédent, sans analogue, le Souverain Pontife consacre par une Bulle particulière la délimitation qu’il vient de fixer, d apres sa pleine confiance en Colomb. Circonstance caractéristique de la pensée qui fit séparer en deux Bulles cette donation : le Pape en parlant de Colomb dans la Bulle de Concession, le 3 mai, s’etait borné à le nommer son cher fils, sans le qualifier plus explicitement. Mais dès le lendemain, dans sa Bulle de Répartition, comme s’il eût senti le devoir de donner un témoignage solennel d’estime à ce messager de la Bonne Nouvelle, le Chef de l’Église caractérise officiellement le Héros qui vient d’agrandir le monde. Il ne se borne pas à l’appeler son fils bien-aimé ; Dilectum filium : il le reconnaît pleinement digne- de cette mission^ Virum utique dignum; certifie qu’il est très-recommandable à divers titres 5 etplurimum commendandum;

Humboldt, Histoire de la géographie du Nouveau Continent 1. 111 p. 64. f >

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