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LE ROI FAIT EXAMINER LE PLAN DE COLOMB

Il est avéré que, s’il se fût contenté du gouvernement perpétuel des contrées par lui découvertes, et de joindre à cette dignité, avec des titres honorifiques, quelques privilèges héréditaires, l’affaire se serait aisément conclue*. Pour qu’il dédaignât de si haut ces avantages, sa prétention devait le rapprocher singulièrement du tronc! Son compatriote Casoni attribue les temporisations du Portugal à ce qu’il exigeait de trop grandes récompenses et de trop grands honneurs en cas de réussite Sans l’énormité de sa demande, la résolution bien arrêtée de Joarn II l’eût, à l’instant, affranchi des lenteurs mortelles qu’il eut ensuite à subir. Ces conditions qui dépassaient la générosité du Roi, nous les verrons plus loin et nous les exposerons à vos yeux. S’il fallait à Christophe Colomb de grands honneurs, il ne lui fallait pas moins de grandes richesses; car il avait une grande pensée â satisfaire, et cette satisfaction était la seule récompense qu’il jugeât digne de son entreprise. La révéler, sera justifier son incomparable ambition auprès de toute âme chrétienne.

Dans son rapport, la Commission scientifique conclut au rejet de la proposition du Génois. Elle regarda le projet comme la rêverie d’un songe creux. Cependant l’élévation d’esprit qui distinguait le roi Joam 11 plaidait, â son insu, la cause de Christophe Colomb. Instinctivement, il avait foi en cet étranger, si pauvre et si ferme dans ses exigences. Nonobstant l’avis de la Commission, il continua de prendre au sérieux le plan de Colomb, et en saisit exceptionnellement un haut Conseil qu’il composa des premières notabilités du Portugal.

* Munoz, Historia del Nuevo Mundo, t. I, lib. II, cnp. xix.

* « Aveva dimandati Iroppo grandi premii e onori quando la cosa fosse succedata secundo le sue promesse. » — Filippo Casoni, Annali dï Gcnova, lib. I, fol. 28.

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