SUR UE VOYAGE DU P. JUAN FEREZ DE MARCHENA
qu’il n’était pas certain que le Gardien de la Rabida edt accompagné Colomb dans ce second voyage. On s’est plu à supposer que cet Antonio de Marcbena n’était pas le même que Juan Ferez de Marcbena, comme si l’erreur du prénom n’était pas corrigée par les circonstances mêmes de la lettre. L’iiistoriograpbe royal Mufioz reconnaît l’identité du personnage dont parle la lettre royale avec le Père Juan Ferez de Marcbena.
Quant à son voyage , il est vrai qu’aucune pièce officielle postérieure à la lettre royale du 5 septembre 1493 ne le mentionne. La relation de la seconde expédition faite par Colomb s’est perdue ; ainsi nous ne tenons de l’Amiral aucun détail sur ce Franciscain cosmographe, son plus intime ami. Nonobstant cette lacune, nous sommes assurés que le Père Juan Ferez de Marcbena traversa l’Atlantique. Son inclination naturelle, son devoir d’obéir au choix de la Reine , l’espoir de sauver quelques âmes , ne fût-ce que par le baptême des petits enfants, son désir de complaire à Colomb, sa curiosité des œuvres de Dieu, inconnues dans nos latitudes, surtout l’esprit de l’Ordre Séraphique perpétuant la pensée de son bienheureux fondateur, le portaient à cette navigation.
Ces graves probabilités s’appuient d’une tradition constante.
Les annales des Franciscains ont gardé le souvenir de ce voyage du Père Juan Ferez de Marcbena. R partit accompagné d’autres religieux de son ordre *, circonstance dont fait foi la relation officielle du frère hiéronymite Roman Pane , qui s’appelait humblement a le pauvre er-
* Waddingus, Annales Minorum, t. Yll, fol. 27 9. — « Socium ha- Duit itineris regii favoris auctorem Perezium, additis aliis ejusdem instiluti sociis. »
Süti LE VOYAGE DU P. JUAN PEOEZ DE MARCItENA. -{21
mite )) Un liisloricn de l’ordre des Dominirains, le Frère Juan Melendez. dans sa chronique provinciale du l*éron, rappelle aussi le voyage et la glorieuse primauté qu’eut le
Pere Juan Perez de Marchena dans l’apparition du saccrcloce aux Indes
L’auteur de l’hagiographie portugaise, George Cardoso. assure que le Père Juan Ferez de Marchena fut le premier Prêtre qui posa le pied dans le Nouveau Monde , et par conséquent y céléhra les saints mystères L Fortunatus IuLertus, dans sa Chronologie Franciscaine, rapporte que le Père Juan Perez de Marchena suivit Christophe Colomb a son second vo^'age , et bénit la première Croix avec les prières de l’Eglise L Le Provincial des Franciscains, dans la Nouvelle Grenade, le Père Pédro Simon, n’est pas moins explicite. Il dit qu’à son second voyage Christophe Colomb avait avec lui son intime ami, le Père Juan Perez, accompagné de quelques religieux de son ordre L Bien que, suivant les préséances, le rang hiérarchique, le Père Boïl, bénédictin, en sa qualité de Vicaire Apostolique, eût dû, ce semble, officier le premier siir ces nouveaux rivages, cet honneur fut dévolu à l’Ordre Séraphique, par cette circonstance que le Père Juan Perez de Marchena se trouvait à bord du navire amiral, tandis que le Père Boïl
^ ‘ Escritura de fray Roman del orden de San Geronimo.— Mémoire eent par le « pauvre Ermite, . d’après les ordres de l'Amiral. « De orden e 1 ustre senor el Almirante Virrei i governador de las islas 1 Ticrra iitme. » (Dans la collection de Barcia, tom. I).
foi* 4 ^ Tesoros verdaderos de las Fndias, lib. I, cap. i,
2 George Cardoso, Agiologio Lusitano, t. III, p. 40.
^ Fortunatus Hubertus, Menologium S, Franeïseï. Historica proloquia^ p. G7.
Fr. Pedro Simon, Noticïas historiales de las conquîstas de Tierra firme en las Indias occidentales, prim. notic., capit. xv, § 1.