‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 22 sur 316 · EXAMEN DU PROJET DE COLOMR · texte numérisé non relu

EXAMEN DU PROJET DE COLOMR

territoires, il était plus sage et plus glorieux à la fois de combattre en Barbarie les infidèles, ces ennemis dont le voisinage était toujours un danger.

Ce langage d’une froide circonspection, basée sur des calculs d’aritbmélicien, irrita au plus vif de sa fibre le patriotisme de l’assemblée. Pedro de Menesès, comte de Villaréal, cbevalier de l’ordre du Cbrist, réplicpia avec feu que le Portugal n’était plus à son commencement ^ que ses Princes n’étaient pas tellement dépourvus, qu’ils ne pussent fournir à la dépense de l’expédition de Colomb; que pour aucune cause il ne fallait fermer la carrière si heureusement ouverte par l’infant don Henrique; qu’il resterait à l’éternelle gloire des Portugais d’avoir percé les mystères et les profondeurs de la mer Océane, si formidables pour le reste des nations Qu’ainsi l’on éviterait l’oisiveté qu’engendre ordinairement une paix prolongée; l’oisiveté! porte battante à tous les vices dans un État, lime sourde qui ronge insensiblement la force et la valeur des sujets. C’était outrager le nom portugais que de menacer de périls imaginaires ces hommes qui, dans les dangers les plus réels et les plus graves, montraient tant de valeur et d’intrépidité. Aux grandes âmes allaient les grandes entreprises.

Arrivant ensuite au but que se proposait Colomb, l’orateur répliqua que finalement, ce plan ayant principalement pour objet la propagation de la Foi catholique, il s’étonnait qu’un Prélat aussi religieux que l’était l’évèque de Ceuta osât y contredire ^ Puis rejeter cette offre, ne sc-

* « Penetrar los secrctos y horrores del mar Oceano lan formidables a las demas naciones del mundo. — Vascoiicelos, Vida y acciones del rey don Juan el H de Portugal, lib. IV.

^ « Que siendo iiltimamente esta accion tan en aumento de la Fé catolica, se admirava que un prelado tan religioso como el Obispo de

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