‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 246 sur 316 · LA RÉCLAMATION REPOUSSÉE PAR LE PAPE · texte numérisé non relu

LA RÉCLAMATION REPOUSSÉE PAR LE PAPE

pieuses et diverses considérations tirées des sciences géographiques. Tout fut inutile ^ le Pape resta inébranlable. Le Saint-Siège reposait avec une telle sécurité dans la délimitation fixée d’après les données de Christophe Colomb, qu’il renvoya les ambassadeurs ordinaires et les envoyés extraordinaires .des deux couronnes aux Bulles des 3 et 4 mai 1493.

Une circonstance de ce débat négligée jusqu’à présent par les historiens, et qui pourtant fait ressortir tout naturellement le caractère providentiel de la Ligne de Démarcation papale, doit trouver ici sa place.

Il paraît que la reine de Castille elle-même, entrevoyant déjà la possibilité du mariage de l’infante, sa fille aînée, avec riiéritier présomptif de Joam ÎI, pour éviter toute cause de division avec son puissant voisin à qui l’attachaient d’autres liens de parenté, n’était nullement éloignée de consentir à ce que le Saint-Père révisât sa Bulle de Répartition et la modifiât dans un sens plus avantageux au Portugal. Isabelle trouvait tout simple que , sur sa propre demande, le Saint-Siège restreignît un privilège uniquement accordé en sa faveur. Elle y comptait si bien qu’en écrivant à Christophe Colomb, le 5 septembre 1493, elle parlait d’un amendement à la Bulle comme d’une chose déjà obtenue L La reine de Castille joignait ses instances à celles de Joam IL Les deux parties intéressées étant ainsi d’accord, s’attendaient à voir rectifier la prétendue erreur de la Bulle.

Mais lorsque dans sa Bulle de Répartition le Saint-Père déclarait avoir fait sa Donation par l’impulsion spontanée de sa libéralité propre, sans égard pour aucune instance,

^ « ... Porque si conviniere y os pareciere que aquello es tal negocio cual acâ pieusan que sera, se enmieude la Bula, » — Colcccion cüploinciitica, document. lxxu

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