IL ÉTEND SA DONATION PAD DNE
nouvelle nULLE.
: agissant en vertu de sa plénitude aposlolique, il altesiit une vérité non moins formelle ({u’imposante. Aussi îspectant lui-meme cette Donation incomparable, altrilee en dehors de tout mobile humain , et à larpielle il nihlait, le premier, reconnaître le caractère d’une hénéction divine, le Souverain Pontile demeura immuahle ms sa détermination. Il écarta les sollicitations tentées les modifications proposées par FEspagne, ainsi qu’il ■ait écarté les opiniâtres réclamations et les supplicams obséquieuses du Portugal. Sa décision resta aussi flexible qu’un décret céleste. Le Saint-Père avait promcé en sa qualité de Chef de l’Église 5 sa parole déjà bsistait dans le temps, irrévocable comme l’accompli 1 indefectihle. Tout ceci est étrange et merveilleux,
1 telle occurrence le plus grand saint et le plus grand gé- 3 s’associant n’eussent pu mieux faire qu’Alexandre VI. pendant, afin de mettre un terme à ces plaintes, et ur constater l’immutabilité de sa résolution, le Pape nna, le 26 septembre, une Bulle par laquelle tout en conmant sa Donation au roi d’Espagne, il l’étendait au lieu la restreindre. Cette Bulle prit son titre de son objet,
fut appelée en diplomatique : la Bulle d’Extension, da de extension.
Des lors, le débat resta entre les deux couronnes.
L obstination du Portugal et la condescendance de spagne, qui tenait à ne pas s’aliéner un allié que de iveaux liens du sang allaient en rapprocher davantage, !nt que d un commun accord, après avoir usé toutes les 3sses diplomatiques, on décida, jiar un traité signé le lin 1494 dans la ville de Tordésillas, de s’en tenir à la imitation que fixerait une Commission savante, corn-
ée en nombre égal de Castillans et de Portugais, la- 11e était chargée de corriger les prétendues erreurs de la
490 TRAITÉ DE PARTAGE DE l’oCÉAN.
Bulle. Cependant, comme si maintenant elle eût pressenti le danger de toucher à la décision pontificale, Isabelle ne se détermina que tardivement, le 5 juin, deux jours seulement avant la signature du traité, à nommer ses fondés de pouvoirs^ tandis que, dès le 8 mars, le Roi de Portugal avait désigné les siens. La Reine nomma pour la Castille : l’Intendant général de la couronne, don Henrique Henriqiiez^ le commandeur de Léon, don Gutierre de Cardenas, et le docteur Maldonado de Talavera, l’ancien vice-président de la savante Junte à Salamanque. Le roi Joam II avait nommé pour le Portugal : don Ruy de Souza, seigneur de Sagres et de Berenguel, son fils don Joam de Souza et le licencié Arias de Almanada L
Quel fut le résultat de la condescendance de la Castille envers l’ambition ombrageuse du Portugal, et qu’advint-il du changement apporté à la décision du Saint-Siège?
Ceci mérite d’être constaté :
Quand il sanctionnait au palais de saint Pierre te calcul opéré par Christophe Colomb dans sa cellule de la Rabida, quand il faisait la répartition de l’inconnu et du futur attingent, en fixant pour ligne de Démarcation le tracé qu’avait indiqué le Révélateur du Nouveau-Monde, le Souverain Pontife, sans le dire, donnait magnifiquement à l’Espagne la moitié de ce Globe, le nouveau continent dans l’intégrité de son étendue!
Ne pouvant croire à cette incomparable immensité de munificence, rapetissant dans son esprit la donation du Saint-Siège, consentant à l’amoindrir encore plutôt que de mécontenter un voisin dont on souhaitait l’alliance, la Castille s’inspira de la pensée du Portugal ^ s’aveuglant
1 Capitulacion de la particlon del mar Océano, hecha entre los catolicos Reyes D. Fernando y dona Ysabel, y D. Juan Rey de Poi^ tugal. — Coleccion diplomatica, dociim. lxxv.