FAMEUX TEMOIGNAGE DE LA REINE
et pour tout cela nous rendons de vives actions de grâce à Noire-Seigneur. Nous espérons qu’avec son aide celte œuvre, qui est la vôtre, sera cause que notit) sainte Foi Catholique recevra une grande extension h »
Ainsi la gloire de Jésus-Christ, l’accroissement de son Eglise, tel est le premier mot de cette communication lojale, A\ant tout detail d intérêt politique ou commercial, il s’agit de la propagation du Catholicisme.
Après avoir, à son insu, constaté le véritable Lut de Colomb, la Reine atteste également que cette conception est bien l’invention propre et la propriété personnelle de ce Héros. Isabelle, qui avait suivi du regard le développement de cette idee, et pese les raisons objectées par ses contradicteurs, sans le prévoir, réfutait d’avance, à cette date, les détracteurs futurs de la gloire de l’Amiral. Son prédeux témoignage établit, dès le 16 août 1494, que lidée, le but et le plan de la Découverte furent le fruit d une inspiration spontanée , mûrie par l’étude ; et non point la mise en pratique d’une méditation étrangère,
I exécution d’un odieux plagiat, comme le prétendirent plus tard ses calomniateurs.
La Reine dit : a Et dans tout ceci, l’une des principales satisfactions que nous goûtions est de sentir que cette entreprise a été conçue, mise au jour et exécutée^ par votre génie, votre habileté, votre labeur. Et il nous parait que tout ce que, dès les premières ouvertures, vous nous
« Y damos muchas gracias â Nuestro Senor por todo ello, porque espeiamos que con su ayuda este negocio vuestro sera causa que nuestra sauta Fé catolica sera mucho mas acrecentada. » — Lettre datée de Ségovie le \ Q août 1 494, contresignée par Fernand Alvarez.
« Y una de les principales causas porque esto nos ha placido tanto es poi ser inventada, principiada é habida por vuestra mano, trabajo é industria. » — Docunientos diplomàticos, n° nxxix.
'506 NOBLE CURIOSITÉ d’iSABELLE.
aviez annoncé devoir arriver, s’est effectué en majeure partie, avec autant de précision que si vous l’eussiez vu s’accomplir avant de nous le dire. )>
Isabelle disait à Colomb avec quel plaisir elle relisait ses lettres, lui parlait de ses obligations pour de tels services, et de son désir de le satisfaire dignement. Tout en le remerciant de ses détails, elle en réclamait de plus amples sur ces régions nouvellement ajoutées aux domaines de sa couronne. Sa vive curiosité de la Nature, que stimulait son amour des œuvres de Dieu, s’informait du nombre, de l’étendue , de la distance respective de ces îles , des noms primitifs qu’elles portaient *, la Reine questionnait sur leurs productions diverses, leur température-, car on disputait autour d’elle touchant les climats de ces nouvelles contrées. On allait même jusqu’à prétendre qu’il y régnait chaque année deux hivers et un double printemps ^ Isabelle souhaitait pouvoir, transportée d’un trait sous ces cieux éclatants, y contempler les magnificences équinoxiales, admirer les splendides décors de cette nature opulente, jusqu’à souffrir de son luxe. Ne pouvant arriver au milieu de ces imposantes scènes , elle voulait au moins qu’on lui envoyât les végétaux, les produits vivants de ces contrées, surtout les variétés d’oiseaux qu’on pourrait transporter-, car, disait-elle avec une grâce enfantine, « nous voudrions les voir tous. » On conçoit combien le fervent adorateur du Verbe , le contemplateur transcendant de la Création tressaillait d’une tendre joie à l’expression de cette communauté de sympathie et d’admiration religieuse. Il se représentait sous les féeriques ogives de l’AlLmbra, la Reine retirée dans son appartement avec ses deux plus intimes amies, doua Beatrix, marquise de
1 a Algunos quieren decir si en un ano hay alla dos inviernos y dos veranos. »