‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 255 sur 316 · NOUVELLES MARQUES DE SATISFACTION DES ROIS · texte numérisé non relu

NOUVELLES MARQUES DE SATISFACTION DES ROIS

Comme Isabelle n’oubliait jamais personne, et n’ignorait pas d ailleurs de quels soins paternels l’Amiral couvrait es gens de sa maison, elle lui adressa expressément à leur intention : douze matelas, douze paires de draps de lit douze couvertures, quatre-vingts cbemises, cent vingt paires de souliers, et cent aunes de drap de Vitré, avec six livres de fil fin et trois onces de soie noire pour k confecjon Gt la rG[)aration dos vêtements

^ Mais ce qui arrivait le plus droit au cœur de l’Amiral,

: était la satisfaction qu’avaient éprouvée les Monarques.’ die était lisible dans la déférence que lui marquaient les mssives royales. 11 reconnaissait à l’adoucissement du y e la propre pensée de la Reine. Les Souverains lui epondaient dans ces termes d’une correspondance laudaive et quasi respectueuse : « Si nous avions été présents ous eussions pris votre avis ^ >, Ils lui rendaient compte es arrangements avec le Portugal, pour le commerce à ! cote d Afrique, et de la convention signée le 7 juin avec mê^me puissance, relativement à la Ligue de Démarcaon de 1 Océan. Ils confirmaient toutes ses nominations

IX divers emplois; approuvaient toutes ses demandes, s accordaient, et accompagnaient leurs obligeantes paes c une or onnance intimant à tous ceux qui résidaient

X Indes d obéir à l’Amiral comme Vice-Roi et comme )iiverneur.

Les ordres donnés à l’archidiacre Juan de Fonseca, r onnateur général de la marine, pour la continuation 3 envois de tout genre à la colonie, le projet d’établir e correspondance régulière avec Hispaniola, en expént chaque mois une caravelle, prouvaient assez l’in-

Coleccion diplomàtica. — Documentos, n® lxxvii.

« Ahi estariamos présentes y tomariamos vuestro consejo. » -Real

■ ision, IG de agosto de 1494. — üoeum. diplom.^ lxxx.

504 PREMIÈRE LETTRE ARRIVÉE D’ëÜROPE.

tention d’y fonder la domination castillane. Dans ses préoccupations sur l’avenir de la colonie, Isabelle ne pouvait oublier la propagation de la Foi catholique, le salut des indigènes, premier objet de la découverte de ces régions. Elle écrivait au Père Boïl pour réveiller son zèle, l’engager à persister dans l’entreprise de la conversion des indigènes-, tâchait d’évangéliser l’indolent missionnaire*, et l’assurait qu’avec de la volonté il surmonterait la difficulté du langage.

Une missive de la Reine, datée du 16 août 1494, était particulièrement faite pour consoler l’Amiral et rafraîchir

son âme de ses suaves sympathies.

Cette lettre , la première qui soit parvenue de l’ancien monde au nouveau, est d’une importance intime pour l’histoire de Christophe Colomb. Elle rappelle le but véritable de sa Découverte avec une franchise toute chrétienne. Sous aucun prétexte , on ne saurait ici, comme l’a fait ailleurs spécieusement l’école protestante, suspecter, dans l’expression de ces sentiments religieux, quelque intérêt politique -, car déjà, depuis plus d’un an, la Castille, grâce aux bulles pontificales des 3 et 4 mai 1493 , était légitimement en possession des terres decouvertes et de celles qu’elle pourrait découvrir à l’ouest dans l’Océan. Par conséquent toute démonstration de zele catholique demeurait superflue. D’ailleurs , cette correspondance administrative n’était point destinee a d’autres yeux que ceux de l’Amiral. Mais le secret débordait du cœur de la pieuse Souveraine , en parlant au Messager de la Croix.

La Reine lui dit d’abord : (c Nous avons eu un grand plaisir à apprendre les choses que vous nous avez écrites;

1 « Animaban los reyes al P. Boïl â perseverar en la isla y en el santo propôsito no obstante haber él escrito que era inutil su perinanentia. « — Munoz, Hisloria del Niievo Miindo, lib. V, § 24.

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