‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 259 sur 316 · CONDUITE DU PÈRE BOÏL · texte numérisé non relu

CONDUITE DU PÈRE BOÏL

leurs femmes, leurs provisions, leur or, et en consommant clans quelques jours des vivres qui leur auraient suffi pour le tiers de Tannée.

Cependant, après avoir ruiné, les habitants de la Vega Réal, fait maudire le nom espagnol dans la plus riche contrée de Tîle, Pedro Margarit, effrayé de sa responsabilité, tenta de prévenir le retour de l’Amiral en s’enfuyant sur les navires cju’avait amenés don Barthélemy. Comme il ne pouvait pas s’en emparer tout seul, il recruta des mécontents et donna promptement de la consistance à son parti en y attirant le vicaire apostolique, le Père Boïl. Une certaine conformité de situation rapprochait ces deux hommes. Ils étaient Tun et l’autre Catalans, ne relevant pas du pouvoir de la Castille. Pedro Margarit avait violé tous ses devoirs de militaire et de chef de corps. Le Pere Boïl avait oublié toutes ses obligations de prêtre et de chef de mission. Ces deux murmurateurs mécontents de tout, parce qu’au fond ils l’étaient d’eux-mêmes, grossirent leur faction de ces hidalgos cjui ne pouvaient pardonner a l’Amiral de les avoir soumis au travail. Ils diffamaient les Colomhs, les déclaraient des parvenus, des étrangers, se plaisant, par cela cju’ils étaient sans naissance, a humilier les vrais gentilshommes.

Le Père Boïl feignait de quitter la colonie par pur dévouement pour elle. Il fallait, sans retard, aller détromper les Rois’, persuadés que ce pays contenait de l’or, des aromates, des épiceries, tandis qu’il n’engendrait que la fièvre et des maux inconnus en Castille. Ils complotèrent ainsi leur départ, se saisirent de quelques bâtiments à l’ancre

' « Ce religieux eût même l’imprudence de publier qu’il voulait aller détromper les Rois catholiques de l’illusion que leur avait fait l’Amiral avec ses prétendues mines d'or. » — Charlevoix, Histoire de Saint-Do* mingiie^ liv. H, p. 128, in-i.

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