LES CACIOUES FONT LEUR SOUMISSION
un tribut à la Castille. Ils s’attendaient à une légère taxe en produits végétaux ou en corvées pour les travaux de construction entrepris par les Espagnols.
Mais le trésor de la Castille voulait être indemnisé des frais avancés pour lesdeux expéditions. L’Amiral devait prouver que le Père Boïl, Firmin Zedo, l’essayeur de métaux. Pedro Margarit, et l’essaim de déserteurs qui les avaient suivis, mentaient contre les faits de la nature, contre l’évidence. Envoyer de l’or était le moyen d’encourager les Rois à poursuivre la découverte des régions inconnues, et d’amasser ainsi le prix du rachat des Lieux saints. Il décréta donc l’impôt suivant : Chaque habitant des districts de Cihao et de la Vega, âgé de plus de quatorze ans, devait, tous les trois mois, payer au receveur des droits royaux une quantité de poudre ou de grains d’or de la capacité d’un grelot de faucon. Seul le borgne Manicatex, frère du (( Seigneur de la maison d’or, )> était, en outre, obligé de payer, tous les trois mois, une demi calebasse d’or, ce qui représentait une valeur d’environ cent cinquante écus. DanS; les provinces qui ne possédaient point de mines d’or, le tribut trimestriel consistait en vingt-cinq livres de coton par individu. Guarionex, Roi de la Yega, offrit de payer ses impôts en céréales au lieu d’or, sous le prétexte que ses sujets ne savaient pas le recueillir dans les
rivières de ses Etats.
Christophe Colomb refusa, et maintint l’impôt en or.
Là-dessus, quelques historiens ont taxé de rigueur et d’imprévoyante avidité la mesure de Colomb. Las Casas, dans son ardeur pour la défense des Indiens , ne pouvait manquer de s’élever contre le premier impôt qu’ils aient eu à supporter. Il fait remarquer les avantages de la proposition de Guarionex, qui allait mettre en culture une plaine fertile sur un espace de cinquante-cinq lieues, et
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