IMPOTS ÉTABLIS PAR COLOMB
aurait pu avec uuc récolte alimculcr toute la Castille peudaut dix ans. Mais ce u était poinl de !)lé (ju’ayaitljesoiu la Castille. Le roi l^erdiiiand deiuaudait de For et non pas des grains. Et le prétexte donné par Guarionex, (pje ses sujets ne savaient pas recueillir For dans ses rivières ou il roulait, n’était point admissible; èe nos jours même, aucun chef d’administration ne s’en contenterait.
L'Amiral était contraint d’obtenir de For. L’bistoriographe royal Herrera comprenait parfaitement les ditïicultés de cette situation, a Comme l’Amiral, dit-il, était étranger, seul, peu favorisé des ministres des Rois catholiques, il reconnaissait que ce qu’il devait plutôt conserver était les richesses ; ainsi il faisait plus d’état de For que de tout autre chose. Quant au reste, il faisait les actions d’un véritable chrétien, et craignant Dieu; en sorte qu’il modéra les tributs \ etc. » En effet, il les réduisit de moitié. On ne fut plus obligé qu’à remplir la moitié du grelot.
Malgré cet allégement de l’impôt, une morne tristesse s étendait sur la plus grande partie d’Hispaniola.
Les corvées exigées de leurs sujets par les Caciques n’étaient jamais que de courte durée ; elles se bornaient à quelques légers droits de chasse et de pêche, à un peu de cassave, de coton, et au service en temps de guerre. La nourriture, presque exclusivementvégétale despeuples, ne leur donnait point de vigueur. Ils n’accomplissaient aucun travail pénible, la nature pourvoyant elle-même à leurs principaux besoins. En grande partie, leur temps se passait dans la sieste, les jeux et les danses. Ceux du littoral s’absorbaient dans une contemplation rêveuse et stérile au bord de la mer, tandis que les habitants des vallées et des montagnes de Fintérieur dissipaient les heures sous de délicieux ombra-
^ Ilcrrera, Hist, génér, des Indes. Décade i, liv. Il, chap. xvii.