LA REINE POÈTE ANACOANA
ges, occupés de récits, de chants et de danses diverses *. Ils avaient des poëtes voyageurs et galants qui racontaient des aventures de Caraïbes, des histoires de sorciers. Ces troubadours forestiers, grands diseurs de nouvelles, suppléaient par leurs pieds à leur défaut de harpe ou de mandoline. Ils traduisaient dans les divers idiomes de Tile les poésies de la célèbre Anacoana dont le nom signifiait (( Heur d’or. »
La Reine Anacoana, la belle, la suave inspirée, l’ingénieuse créatrice des grands ballets et des doux poëmes connus sous le titre d’Areytos, séduite par le courage de l’aventurier Caonabo, qui, de l’aveu de Colomb, possédait beaucoup d’esprit lui avait accordé sa main en prix de sa bravoure. Un prestige d’irrésistible séduction et de souveraineté intellectuelle entourait la renommée d’Anacoana. Son nom symbolique n’arrivait aux Espagnols qu’à travers le mystérieux lointain des forêts de Xaragua, où la Reine adorée s’était retirée auprès du roi Rehechio, son frère, depuis l’enlèvement de son vaillant époux, Caonabo, a Seigneur de la maison d’or. )> La danse occupait une grande