‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 274 sur 316 · CHANGEMENT DE VIE DES INDIGENES · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE VIE DES INDIGENES

différentes suivant les districts, avaient un caractère national et des noms expressifs. Anacoana venait d’acci'OÎtre grandement leur importance par le rôle littéraire et scénique qu’elle leur destinait.

Si le travail était pénible pour ces constitutions molles et frêles, participant de l’existence fjicile des Heurs et des oiseaux, la régularité des labeurs n’était pas moins odieuse à ces peuplades ennemies de toute contrainte, cliez lesquelles la paresse n’était ni un vice ni un défaut, mais formait un mode même de l’existence. Les indigènes iemandaient naïvement aux Espagnols quand ils comptaient retourner au T’arey. Cependant, voyant s’élever leurs ïonstructions de pierre, remarquant qu’ils renvovaient eurs vaisseaux sans se rembarquer, ils comprirent que ies étrangers s’étaient établis dans leur pays, et qu’ils seraient obligés de les servir ; ils se reconnurent en servitude, et tombèrent dans une profonde mélancolie.

Ne se dissimulant pas leur impuissance à les expulser lar les armes, ils imaginèrent, pour s’en défaire, de les ivrer à la famine. Comme les Espagnols étaient grands nangeurs, que depuis longtemps ils n’avaient point reçu 1 approvisionnements, qu’ils comptaient toujours un assez ;rand nombre de malades, les indigènes crurent les déruire en les abandonnant à eux-mêmes. Ils cessèrent donc e cultiver la terre 5 ils en arrachèrent même les arbres fruits, et se retirèrent dans les montagnes, espérant y rouver dans les racines, les fruits sauvages, les utias, les iseaux, les poissons des ruisseaux, une nourriture suliiante, eu egard a leur sobriété habituelle.

Ce complot de 1 abstention et de l’éloignement s’exécuta ans obstacles , mais aux propres dépens de ceux qui avaient conçu. Ils s’étaient retirés sur les hauteurs toufles des montagnes; l’air plus froid et plus humide aug-

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