MARIAGE DE FERDINAND AVEC ISABELLE
corps de troupe s’avançait vers Madrigal pour s’assurer de sa personne, l’archevêque de Tolède et l’amiral de Castille arrivant, à la tête de trois cents chevaliers, l’emmenèrent à Valladolid comme en triomphe.
L’heureux roi de Sicile, quoique choisi, n’était pas pourtant en possession de son bonheur. 11 ne pouvait, sans témérité, passer d’Aragon en Castille, car Tordre était donné de l’arrêter, et dans ce but de nombreux détachemenl? sillonnaient les routes. Il dut s’y glisser furtivement, sans luxe et sans suite, comme sur un territoire ennemi. S’étant déguisé en marchand, avec deux de ses officiers, dont il, paraissait le domestique, il ne voyageait que la nuit; et atteignit ainsi au milieu des dangers et des ténèbres la cité d’Osma, où il avait des intelligences. Le lendemain, avec une escorte moins humble, il partit pour Yalladolid. Là fut célébré, le 19 octobre 1469, le mariage de Ferdinand, roi de Sicile, prince héréditaire d’Aragon, avec l’infante Isabelle.
Jamais peut-être enfants de rois ne se virent dans un tel dépourvu. Isabelle n’apportait qu’un douaire de perspective ; et Ferdinand avait dù emprunter pour ses frais de route, emprunter pour ses frais de noces. Ils ne pouvaient ni entretenir leur suite, ni augmenter leurs partisans. Leur unique bourse était celle de l’archevêque de Tolède, dont on sait les immenses revenus, mais le prélat en tenait les cordons que souvent il serrait un peu fort. Les jeunes époux tombaient ainsi dans sa dépendance; même plus d’une fois ils éprouvèrent combien est lourde l’obligation contractée envers un inférieur. Outre la gêne présente, ils n’étaient pas sans inquiétude sur l’avenir. Loin de s’accroître le nombre de leurs partisans s’éclaircissait de jour en jour. Valladolid, cette cité hospitalière, témoin de leur union, venait de retourner à Henrique.
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