‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 133 sur 348 · PLAINTES DU PAPE · texte numérisé non relu

PLAINTES DU PAPE

bouleversement complet des constitutions propres et des usages établis.

Qu'il nous suffise de dire que Tune des plus grandes douleurs de Beaumont, dans toute cette affaire, fut la façon misérable dont on mena les relations de l'Église de France avec la cour de Rome. Jamais Clément XIII ne sut que l'Assemblée de 1765 lui avait écrit pour lui exposer l'état des ordres religieux, et le supplier de nommer lui-même des prélats chargés de travailler à y établir le bon ordre. Et, quand le Souverain Pontife, surpris de n'apprendre que par la voix publique l'existence de la commission et les projets de réforme, supplia les évêques^de ne pas manquer au respect dû au Saint-Siège en apportant des changements aux règles des corps religieux, on osa bien confisquer la parole du pape à répiscopat comme on avait confisqué la lettre de l'Assemblée au pape. Les choses en vinrent au point de convaincre l'archevêque de Paris qu'il y avait péril à se taire. Nous verrons bientôt quelle occasion solennelle il attendit pour parler.

Pendant ce temps-là grandissait à ses côtés un tout jeune enfant que des liens de parenté lui rendaient particulièrement cher, mais dans l'âme duquel il s'appliquait surtout à développer les germes d'une vocation précoce. Né en 1763 au château de Versailles, où le marquis son père remplissait alors les fonctions de premier écuyer de Madame Adélaïde, Alexandre de Lostanges venait d'entrer en septième au collège du Piessis, mais c'était dans le palais archiépiscopal et sous les yeux de Beaumont qu'il passait ses jours de fête et de congé. Celui-ci, en effet, tenait à surveiller de près l'éducation de l'orphelin, depuis surtout que le malheureux

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