RÉPONSE DE LOUIS XV AU PAPE
de Jésus. Dans tous les cas, Louis XV, qui refusa de se prêter à la comédie si candidement proposée par le cardinal, ne s'en défendit pas sans quelque finesse en répondant au pape : « Votre Sainteté peut être certaine que le clergé de mon royaume verra avec soumission les décrets de suppression d'un Ordre déjà banni des pays de ma domination. L'assurance que j'en donne à Votre Sainteté vaut mieux que des signatm^es particulières^ qui pourraient avoir des inconvénients, »
On reconnaît bien , à ces évasions, le prince dont le duc d'Aiguillon écrivait à "Bernis : « Ce n'est que par complaisance pour Sa Majesté catholique qu'il a demandé au pape l'extinction des Jésuites *. » — Complaisances périlleuses, fatales transactions, auxquelles la loyauté de notre archevêque ne sut jamais rien comprendre, pas plus d'ailleurs qu'aux finesses.
Qu'on juge de la douleur du prélat septuagénaire, quand il reçut, à la fin du mois d'août , l'annonce officielle du bref de Clément XIV qui supprimait la Compagnie de Jésus ! — « Il . en mourra ! » disaient les bonnes gens du peuple. Hardy lui-même, qui se tix)uvait alors à Saint-Cloud, écrivait, sous la date du 2 septembre 1773, que le bruit de cette mort s'y était répandu dans la journée. Mais Christophe de Beaumont ayant officié à Notre-Dame pour la fête du 8, en homme qu'on eût dit jaloux de « convaincre ses diocésains qu'il n était ni mort ni mourant », le chroniqueur enregistre, pour la première fois, la grosse nouvelle de l'opposition de l'archevêque au bref du pape.
A l'en croire, ce prélat, qui avait lutté naguère pour
i Lellre du 25 juin 1771.