‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 206 sur 348 · INJURES ODIEUSES · texte numérisé non relu

INJURES ODIEUSES

C'était le temps où Tétrange abbé Baudeau insérait ces odieuses diffamations dans une chronique sans autorité : « L'archevêque de Paris a été taillé par le frère Côme, qui lui a tiré une pierre énorme : on dit qu'il va bien. S'il lui arrivait quelque accident, ce serait un grand tracassier de moins en ce bas monde. Cet homme a la rage au corps pour le jésuitisme ; il est bon diable d'ailleurs ; mais il égorgerait cent millions d'hommes et brûlerait toute l'Europe avec plaisir pour le jésuitisme. Sans ce tic abominable, il aurait été ,un bon gros garçon, borné, entêté comme tous les sots , mais obligeant et charitable, même d'assez bonne humeur K »

Les injures eussent été, en somme, peu redoutables au digne prélat, si la malveillance, qui ne recula jamais devant les imputations calomnieuses, n'avait sourdement travaillé à le perdre de crédit dans l'âme du jeune roi.

L'occasion parait bonne, d'ailleurs, car Beaumont, même au plus fort de sa maladie, n'a pas craint de se prononcer de la façon la plus énergique contre le rappel de l'ancienne magistrature, et, pour parer à cette éventualité menaçante, il a fait mettre en mouvement les influences religieuses, si puissantes dans la nouvelle cour^. Or, des intrigues de palais sont parvenues à persuader à Louis XVI que le seul moyen de satisfaire l'opinion est d'annuler le coup d'État de 1771 , en répondant au « vœu général » par la réintégration pure

ï Chronique secrète de Paris (25 juin 1774).

* On assure que Tarchevéque do Paris n'aurait pas élé le seul membre du haut clergé à représenter au roi que, s'il rappelait Tancion Parlement, « c'en était fait de la religion. » Quarante évêques lui adressèrent, parait-il, un mémoire sur le même sujet (Hardy, t. II, p. 394).

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