RAPPEL DU PARLEMENT
et simple du Parlement exilé. Je sais que l'opération répugnait à cette âme royale, si honnête et si droite; mais y avait-il un sacrifice auquel Louis XVI ne crût dès lors devoir se plier pour gagner, à ce prix, la reconnaissance de ses bien-aifiaés sujets?
Une popularité éphémère le récompensera mal de
cette frop confiante générosité. Comme s'il était de la
/ destinée des chefs d'État de se trouver toujours à la
merci des « quatre ou cinq intrigants » dont un historien latin a dit : « Ils se liguent entre eux et s'enten- . dent pour abuser le prince et lui soufQer les décisions à prendre. Celui-ci, enfermé dans son palais, ne connaît pas la vérité. Forcé de s'en rapporter à dés courtisans, il nomme magistrats des gens indignes, il écarte des affaires ceux qu'il devrait y maintenir ^ »
L'archevêque de Paris ne s'était pas contenté de donner l'éveil à Mesdames, tantes du roi, il avait mis bravement en campagne le seul des ministres à qui Voltaire pût reprocher « le malheur d'être dévot ^ ». Je parle de ce vertueux du Muy, l'ami de cœur de feu le dauphin père de Louis XVI, lequel n'avait jamais passé un jour sans adresser au ciel cette prière touchante : « Protégez, ô mon Dieu ! votre fidèle serviteur, le comte du Muy, afin que, si vous m'obligez à porter le pesant fardeau de la couronne auquel ma naissance me destine, il puisse me soutenir par sa vertu, ses conseils et
i « Colligunt se quatuor vol quinque, atque unum consilium ad decipiendum imperatorem capiunt : ^îcunt quid probandum sit. Imperator, qui domi est, vera non novit : cogitur tantum scire quod illi loquuntur. Facit judieos quo3 flerî non oportet; amovet a republica quos debeat conservare. {¥la.%i. Vopiseus, in vita Aureliani, xliii.)
' Lettre du 3 août 1775 au roi de Prusse.