‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 218 sur 348 · UN ARGUMENT TIRÉ DE LA MARINE · texte numérisé non relu

UN ARGUMENT TIRÉ DE LA MARINE

thèse de Tarchevêque un argument très inattendu' Ministre de la marine, il avait invariablement répondu à qui lui demandait pourquoi un carême et à quoi bon des abstinences ; « A nous donner des matelots. » Pressé de s'expliquer sur ce point, il ajouta un jour ce raisonnement d'une nature assez piquante :

Sans matelots, point de marine ; or, sans pêcheries, point de matelots; sans consommateurs des fruits de la pêche, point de pêcheries; et, en dernière analyse, sans une loi prohibitive de l'usage des viandes en certain temps et certains jours, point de consommateurs des fruits de la pêche : j'entends de ces consommateurs habituels et nécessaires, tels qu'il les faut, pour que des spéculateurs sages exposent, les uns leurs travaux, les autres leurs fonds dans l'exploitation de nos pêcheries. D'où je conclus que, eu égard aux besoins de la marine, l'antique institution sur l'abstinence des viandes devrait encore être une loi de l'État chez le Français, si elle n'en était pas une de sa religion.

Après cette conclusion de M. de Sartine, l'auteur d'une petite brochure fort curieuse, publiée en 1802, conclut lui-même en ces termes : « Les procédés de M. Turgot, qui faisait étaler et vendre publiquement les viandes pendant le carême, furent aussi impolitiques que peu religieux, et portèrent un coup mortel à nos pêcheries. En vain l'archevêque de Paris éleva-t-il alors la voix ; les économistes crièrent au fanatisme, et furent écoutés. Mais, au fond, le fanatique était Turgot, et le vrai philosophe, Beaumont. » ( Le rétablissement de la marine française, dans la pratique du catholicisme,)

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