‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 217 sur 348 · SÉVÉRITÉ DE BEAUMONT SUR CE POINT · texte numérisé non relu

SÉVÉRITÉ DE BEAUMONT SUR CE POINT

les plus frivoles prétextes, contraignant leurs domestiques, par le refus de toute autre nourriture, à prendre la même licence ». Tantôt il réclame contre des abus € qui tendent à abolir jusqu'aux vestiges d'une discipline, que nous voyons avec douleur, dit-il, se détruire insensiblement, et dont les faibles restes semblent devoir, dans peu, nous échapper ». Quelques années après, il écrivait encore avec une douloureuse tristesse : « Nous sommes obligé de faire aujourd'hui cet humiliant aveu, que nos exhortations ont été sans effet, ou ont opéré peu de fruit parmi ceux à qui elles étaient plus nécessaires ; que le nombre des violateurs des préceptes de l'Église a toujours augmenté, et que leur exemple a entraîné plusieurs de ceux qui l'avaient précédemment observé avec une parfaite fidélité *. »

On conçoit dès lors qu'il en ait doublement coûté au zèle de l'archevêque, en apprenant que le trésorier de la Sainte-Chapelle de Vincennes venait d'accorder, par un mandement, la permission de faire gras plusieurs jours de la semaine, tandis que le sien permettait à peine de manger des œufs. Beaumont, il est vrai, ne soutenait dans cette affaire que ce qu'il jugeait être le droit de son siège, alors que Bastid de la Vernhe se disait autorisé, par concession des papes, à exercer toute juridiction dans le territoire de sa trésorerie ; mais la perte même de son procès devant la Grand'Chambre ne fut point pour lui faire regretter de s'être montré moins accommodant à l'endroit des lois de l'Église.

Aussi bien M. de Sartine venait-il d'apporter à la

• 1 Voir les mandements des 6 février 1750, 19 février 1751, 17 février

Page 1