‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 220 sur 348 · L EMEUTE DES GRAINS · texte numérisé non relu

L EMEUTE DES GRAINS

dirons, à l'honneur du jeune roi, qu'il déploya dans cette occasion une fermeté intelligente dont il ne donnera par la suite que des preuves toujours trop rares, inefficaces toujours ^

L'émotion manifestée au milieu de ces désordres avait été si vive, que l'archevêque, sollicité par une lettre du roi, crut devoir publier un mandement très ferme pour rappeler aux fidèles leurs devoirs envers le souverain. En voici le début :

Dieu n'a donc prolongé nos jours, mes très chers Frères, que pour nous rendre témoin de l'événement le plus affligeant pour notre cœur! Nous étions donc destiné à voir, au mépris de la religion, l'esprit de révolte fouler aux pieds les droits les plus sacrés de la société civile, briser les liens de l'obéissance due au souverain, se porter à des excès non moins coupables dans leurs motifs que funestes dans les suites qu'ils peuvent entraîner ! Par un renversement déplorable, on a vu, dans le sein d'un peuple jusqu'alors si fidèle, des hommes, des chrétiens, se transformer tout à coup en perturbateurs de la tranquillité publique, en ravisseurs de la substance de leurs frères, et devenir les fléaux de leur patrie et de leurs concitoyens...

Par quel malheureux prestige les coupables ont-ils pu oublier que c'est se révolter contre Dieu même que de s'écarter de l'obéissance qu'il prescrit envers le prince destiné par sa providence à nous gouverner; que cette obéissance est une loi imposée à tous les sujets, et qu'elle s'étend à tous ceux que le souverain a revêtus de quelque portion de son autorité ; que nous ne pouvons jamais nous arroger le droit de juger nos maîtres, encore moins celui de leur désobéir ; que la rébellion est toujours un crime, quand bien même celui qui tient le sceptre abuserait du pouvoir qui lui a été confié pour le bien commun?...

* Voir les témoignages apportés par M. de Larcy (Correspondant , août 1866, p. 861).

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