SA CONVALESCENCE A CONFLANS
Le Te Deum chanté à cette occasion, le 22 juin, dans toutes les églises de la ville et des faubourgs, amena principalement à Notre-Dame une affluence extraordinaire de peuple. La cour s'y fit représenter par le maréchal duc de Richelieu et la princesse de Marsan, gouvernante des enfants de France : la famille de l'archevêque avait pareillement pris place dans le sanctuaire où des fauteuils et des carreaux étaient disposés, au premier rang, pour chacun des prélats accourus à la cérémonie.
Christophe de Beaumont n'en demeura pas moins condamné à se renfermer à Gonflans, dans un repos absolu de plusieurs semaines, gardant sa chaise longue et s'interdisant toute application au travail. La convalescence y gagna d'être plus rapide. Aussi son retour à Paris, vers le milieu du mois d'août, fut-il signalé par le nombre et la qualité des visiteurs qui s'empressèrent de le féliciter de sa parfaite guérison. Le discours prononcé dans cette circonstance par le doyen du chapitre mérite d'être ici reproduit :
Monseigneur, après le ministère attendrissant que j'ai rempli au milieu des larmes de cette Compagnie , qu'il est consolant pour moi de venir avec elle vous féliciter du rétablissement de votre santé. Vos ordres seuls ont pu contenir jusqu'à présent l'impatience de nous acquitter de ce devoir, et le corps entier enviait à chacun de ses membres la liberté qu'il a eue de vous le rendre. Cette maladie, que vous avez soutenue avec le courage tranquille qui vous est propre, fera époque dans notre histoire. La part qu'on y a prise était un intérêt public et général. Le monarque sur son trône, touché du péril de la cité sainte, s'en est occupé et y a marqué sa sensibilité. Les sujets de tous les états et de toutes les conditions se sont livrés
bullelins do santé qu'on distribuait à discrétion chez le suisse du palais archiépiscopal (28 mai).