‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 285 sur 348 · DESTINEE DE L OUVRAGE · texte numérisé non relu

DESTINEE DE L OUVRAGE

motivées encore que les premières. On convint que l'auteur les discuterait et que rien ne serait conclu sans sa participation. Au surplus, le P. Berthier, qui continuait à jouir de toute la confiance de Beaumont, devait juger l'affaire en dernier ressort. C'est dans ce but que Grosier fut dépêché à Bourges avec un exemplaire de y Histoire généalogique destiné au célèbre jésuite. Celui-ci, au dire de Brizard , parcourut attentivement l'ouvrage en quinze jours et se déclara fort satisfait. Berthier aurait même ajouté « qu'il n'y avait rien à changer et qu'il n'était pas possible d'y mettre plus d'ordre et de méthode ».

Les cartons n'en furent pas moins insérés à chacune des pages suspectes, et l'archevêque n'autorisa la I)ublication des exemplaires qu'après cette vérification faite ^ Madame Louise, la royale carmélite, fut la première à réclamer le sien. Beaumont en réserva une trentaine pour sa famille et disposa de quelques autres pour les bibliothèques de Paris, de Grenoble, de la Chancelade, des princes de Condé et de Soubise. Le reste, sans parler des exemplaires destinés aux cours souveraines, devait aller à divers amis, savants ou amateurs, de la France et de l'étranger.

Inutile de dire que Brizard ne pardonna pas plus les censures dont son livre avait été l'objet que le déni de justice dont il croyait être la victime. Le ?Iémoire justificatif ^ovie un peu partout l'empreinte de ce ressentiment. Son témoignage à l'égard de Beaumont a donc

Succcesseur de Treneuil dans remploi de conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal^ il mourut octogénaire, le 10 décembre 1823.

1 II paraît néanmoins qu'il existe encore une quinzaine d'exemplaires sans cartons. Celui sur loquol j'ai travaillé a tous les siens.

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une saveur particulière, lorsque, dans l'exposé môme de ses plaintes, il ne cesse de rappeler les « vertus » de l'archevêque, « ses éminentes qualités », « la vénération » que ce nom seul inspire, « la noblesse de ses procédés, sa droiture, sa grandeur d*âme », et jusqu'aux « actes de bienveillance » dont il assure que la capitale « a si souvent retenti ^ ».

L'affaire en resta là. Du moins je n'ai pas pu découvrir dans quelle mesure les héritiers de Beaumont auront donné satisfaction plus tard à l'historien de leur famille. C'est vers le milieu de juin 1781 que s'arrête la correspondance échangée au sujet de l'ouvrage. L'archevêque était alors presque à la veille de mourir, et Brizard, qui lui survécut de dix ans, n'a laissé, en dehors de l'incident qui nous occupe, qu'un souvenir aujourd'hui assez effacé. Des nombreux ouvrages qu'il a publiés, et dont aucun n'est sans valeur, V Histoire généalogique restera toujours de beaucoup le plus remarquable. Nous avons déjà dit que d'Hozier, juge d'armes de la noblesse de France, la proposait pour modèle, l'estimant « digne d'assigner à l'auteur une place distinguée dans la classe des historiens modernes». On croit même que, sans l'explosion révolutionnaire de 1789, Brizard aurait succédé à Ghérin dans sa charge de généalogiste des ordres du roi. Il mourut le 23 janvier 1793.

i Cahior de la correspondance BeaumonUBrizard, à la bibliothèque de l'Arsenal (loc, cit.).

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