UELEVR DES PRINCIPALES CRITIQUES
venir à cette confidence, Brizard, dont les susceptibilités sirritaient de ces critiques un peu vagues, déclara ne vouloir se rendre qu'à des observations « claires et précises ». L'archevêque répondit en appuyant sur divers points, assez délicats, qui intéressaient toutparticulièrement la maison de Lorraine et la famille de Sassenage. « Au reste, ajoutait-il, je serai charmé de conférer plus en détail avec vous sur cet objet, la première fois que vous viendrez me voir *. »
Ce fut le 29 décembre 1780 que M. de Beaumont d'Auty fit passer à Brizard Tensemble des observations qu'il avait réclamées. Elles contenaient, outre le relevé de certaines maximes dangereuses, nombre de propositions notées de censure et rangées sous cinq chefs principaux : « les papes — les rois — les ecclésiastiques — les moines — les fondations religieuses. » L'auteur s'en montra naturellement fix)issé. En vain l'archevêque, dans un dîner de famille auquel il l'avait invité, le 28 janvier 1781, lui donna-t-il l'assurance que les remarques émanaient d'une personne « bien intentionnée » et nullement hostile, Brizai*d se contenta de reconnaître que, sur soixante-dix passages incriminés, cinq ou six à peine pouvaient sembler de nature à nécessiter des cartons.
L'entrevue n'eut donc, pour le moment, d'autre résultat que d'amener l'archevêque à faire rédiger, par l'abbé Grosier ^, un certain nombre d'observations plus
^ Lettre du 8 novembre (cah. G).
' Jean-Baptiste Grosier, né à Saint-Omer en 1743, entra dans la Compagnie de Jésus à l'âge de dix-huit ans. Après la suppression de la Société, il devint collaborateur de Fréron dans VAnnée litUraire et continua, même après la mort du critique, de travailler quelque temps à cette publication.