ÉLOGE DE SON PRÉDÉCESSEUR
mort du pontife vénérable que viennent de perdre TEglize et la Religion. Je sens combien il m'est difficile de le remplacer. Je sens toutte la pesanteur du fardeau qui m'est imposé et combien il surpasse mes forces, etc.. *
Deux mois après, dans le premier de ses mandements, Juigné rendait encore à Beaumont ce bel hommage : « Qui sommes-nous pour succéder à ce vertueux pontife, dont la mort fait couler vos Jarmesf pontife que la droiture de son cœur, son attachement à la religion, sa tendre piété, son zèle infatigable , sa charité sans bornes et tant d'autres qualités avaient rendu si cher à son peuple, à toute la France , à toute l'Église ! Incapable que nous sommes de dissiper votre juste douleur, que nous serions heureux si nous pouvions l'adoucir ^ ! »
Mais déjà éclataient, dans un ciel assombri, les signes avant-coureurs de l'effroyable tempête dont le nouvel archevêque devait éprouver les premières atteintes. On sait que, dès le 24 juin 1789, ausortirmême des États-Généraux, sa voiture fut assaillie et poursuivie .à coups de pierres, et qu'il eût été infailliblement lapidé sans la prompte intervention des gardes du corps. Bientôt l'exil le sauvera de maux encore plus grands, non toutefois sans réduire à l'extrême détresse
1 C^est par distfaction que Juigné date ici sa lettre du 4 janvier 1781 nu lieu de 1782. Je la copie textuellement sur l'autographe inséré dans les Registres capitulaires de Notre - Dame. ( Voir aux Archives nationales , LL, 335»».)
* Mandement du 21 mars 1782. — Ce fut Juigné qui présida le service anniversaire de la mort de Beaumont, célébré à^aint-Rocli en décembre 1782. Le chanoine Ferlet y prononça l'oraison funèbre, en présence de quarante-trois cardinaux, archevêques ou évéques, et un grand nombre de personnages de distinction.