‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 39 sur 348 · SA LETTRE A NICOLAÏ · texte numérisé non relu

SA LETTRE A NICOLAÏ

sûres, car il se savait surveillé. Nous allons en donner de larges extraits. On ne regrettera point de trouver là plus d*un détail nouveau, qui jette quelque jour sur des intrigues inavouées et mal connues. Christophe de Beaumont n'exagérait donc rien quand il parlait d'un schisme couvant sous la cendre.

€ D'abord, mon cher évêque, parlons Jésuites. J'ignore ce qui arrivera ; au moins, tout ce que je sais certainement, c'est que l'appel comme d'abus sera plaidé et reçu, et l'Institut détruit. Mais comme il y a encore plusieurs formes de destruction, comme de les laisser s'éteindre en les réunissant tous dans quelques maisons, ou bien de ne leur point laisser de maisons et de les laisser aller où ils voudront , ou bien le bannissement du ressort, je ne sais à quoi le jansénisme, la jalousie, la rancune, la faiblesse, la peur, rindiflférence aboutiront, car il faut mêler tout cela ensemble et juger ensuite de l'effet que cela produira, et je crois que Lucifer, auteur de tout cela, v serait bien embarrassé. On espère encore que Bordeaux, Toulouse et Aix ne feront pas grand'chose, car les Jésuites ont, dans les trois cours, un nombre considérable d'amis déclarés. Mais ils n'ont pas la pluralité jusqu'à présent, et l'on travaille à la faire arriver. Le chancelier a écrit, mais je crains d'autres écritures que l'on sait fort bien en province être plus accréditées que celles du chef de la justice. Pour moi, je ne vois qu'une mauvaise volonté si déclarée et si claire qu'il n'y a rien de bon à en attendre...

« Il faut que je vous consulte sur un cas de conscience très important, et vous me répondrez quand le même courrier, le même et pas un autre ^ reviendra. Les bruits sont souvent avant-coureurs des événements.

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