‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 4 sur 348 · UN OBSTACLE TOURNÉ · texte numérisé non relu

UN OBSTACLE TOURNÉ

à Votre Majesté jusqu'à quel point ils respectent votre autorité dans les personnes qui en sont dépositaires. — Encore une fois, reprit aigrement Louis XV, le P. de Montigny s'est bien pressé ; il m'a lié les mains. »

L'archevêque de Paris estima que le roi n'avait pas les mains aussi « liées » qu'il voulait bien le dire. De concert avec les autres avocats de la Compagnie, il multiplia si opportunément les tentatives auprès du prince qu'il en obtint, au bout de quelques semaines, l'ordi'e de faire remettre à son Conseil royal l'exemplaire de l'Institut déposé par le P. de Montigny, « Sa Majesté se réservant d'en prendre connaissance par elle-même ». Mais l'intrigue avait les yeux ouverts et l'obstacle fut tourné. Il y a tout lieu de croire que les ministres, en dressant les lettres, s'expriixièrent à dessein d'une manière ambiguë, afin de laisser au Parlement quelque subterfuge pour éluder les ordres du roi, sans paraître lui désobéir*.

Ce qui est certain, c'est que les Chambres s' étant assemblées pour entendre la lecture des ordres que le premier président avait à leur signifier, on arrêta que l'Institut irait au roi, mais qu'il en serait préalablement déposé un autre exemplaire au greffe. Ce fut chose d'autant plus aisée que l'un des magistrats avait eu la précaution de l'apporter d'avance. « Un ange, dit Barbier, ou quelque âme charitable a substitué à la place un pareil exemplaire, pour mettre le Parlement en état, après avoir obéi au roi, de suivre le plan de ses opérations par rapport à ces statuts, et rendre par

i Voir les Documents sur la destruction des Jésuites en France, que nous avons cités plus haut.

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