‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 47 sur 348 · LE COUP DE FORCE · texte numérisé non relu

LE COUP DE FORCE

applaudissements d'un public affolé par la passion, l'arrêt fameux qui frappait à mort la Compagnie de Jésus dans le royaume.

« Voilà, mon amie, le billet d'enterrement des Jésuites! » écrit triomphalement Diderot ^ — « Et pourtant ils reviendront ! » murmurait à ce moment même le marquis de Pombal. C'est le remarquable aveu que portera plus tard le duc de Fitz-James à la Chambre des pairs en 1828 : « En vain me dit-on que l'Ordre a été trente fois expulsé des pays où ils avaient des établissements. Cette étrange chaîne tant répétée prouve incontestablement une chose, c'est qu'ils ont été rappelés au moins vingt-neuf fois. »

J'ai raconté ailleurs quelques-unes des conséquences immédiates de ce coup de force, par lequel il était enjoint aux Jésuites de France « de renoncer aux règles de l'Institut », et défense leur était faite < d'en garder l'habit, de vivre en commun , de correspondre avec les membres de l'ordre, et de remplir aucune fonction sans avoir prêté le serment annexé à l'arrêt-. » En attendant la sanction royale , quatre mille religieux se trouvaient ainsi jetés à la rue avec une ridicule aumône de « vingt sous par jour ».

On sait l'hospitalité généreuse qui leur fut offerte par des familles princières comme la maison de Condé,

^ Lettre du 12 août 17G-2 à mademoiselle Voland. — De son côté, madame GeofiTrin écrivait au trop fameux Pacraudi ces lignes qu'il faut citer dans toute la fantaisie do leur orthographe : « Adieu, no m'écrive plus et allé à tous les diables ; les pauvres Jésuites y sont. Dans le moment que je vous écris, on crie Parrest du Parlement, et chaques criours l'assésone do diférentes épithetes suivant leur caractaire : les uns disent des injutes, les autres des plaisanteries. » (Lettre du 12 août 1762.)

* La Dauphine, mère de. Louis XVI, p. 219.

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