‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 48 sur 348 · ASILE OFFERT AUX PROSCRITS · texte numérisé non relu

ASILE OFFERT AUX PROSCRITS

par des personnages de cour comme le duc de la Vauguyon, la comtesse de Marsan et la princesse de Garignan , par des magistrats comme le chancelier de Lamoignon et le premier président Nicolaï, par nombre de communautés religieuses et de simples particuliers , qui tous se disputaient l'honneur de les héberger ou de louer pour eux des appartements à Paris et à Versailles.

Mais qui saura jamais ce que le charitable Beaumont dépensa de zèle et d'argent pour subvenir aux premiers frais de ces brusques déplacements , d'autant que , d'après la teneur de l'arrêt, les proscrits avaient ordre « de vider dans la huitaine » toutes leurs maisons, collèges, séminaires, maisons professes, résidences, missions et établissements quelconques ! Recueillant dans son palais tous ceux qu'il peut contenir , il daigne s'estimer heureux de partager avec eux son pain. Aussi n'est-ce point sans émotion qu'en parcourant la correspondance échangée alors entre ces religieux et leur général, j'ai pu lire telle de leurs lettres ainsi datée : «A Paris, chez l'archevêque.» ParisiiSy apud archiepiscopum.

Pourquoi ne le dirais-je pas? Ma pensée se reportait instinctivement vers les cellules de la Roquette où , durant la terrible semaine de mai 1871, un infortuné prélat, affaibli par les privations et souffrant la faim, recevait avec reconnaissance ce fragment « de pain d'épices et de chocolat en tablettes » que lui offrait avec respect le P. Olivaint, son compagnon de captivité. Il me semblait voir, dans cette modeste charité de la dernière heure , quelque chose de notre dette payée par un jésuite à un archevêque de Paris.

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